‹ MémoiresChapitre 156 sur 172 · Voyez plus loin, p · texte numérisé non relu

Voyez plus loin, p

3. Dans ses Mémoires (p. 225), Déageant dit que le P. Arnoux, confesseur du Roi, fut l'un des plus acharnés pour le faire éloigner de la cour. Pour sauver les apparences, on l'envoya en mission en Dauphiné auprès du duc de Lesdiguières.

avoit lui donne, ils avoient peu de souci ou peu de moyens de maintenir l'autorité royale envers ses alliés.

Barneveldt^, le plus ancien officier des États des Provinces-Unies, celui qui avoit le plus travaillé à l'établissement de leur république, et qui, avec plus d'affection, s'étoit toujours porté à maintenir la bonne intelligence entre S. M. Très Chrétienne et lesdits États, tut condamné à mort et exécuté au mépris des offices que S. M. fit plusieurs fois par ses ambassadeurs pour le sauver. La première cause apparente de sa disgrâce fut une division qui commença à éclater, l'an 1 61 1 , en Hollande, entre les ministres, sur le fait de la prédestination, de laquelle un ministre, nommé Arminius^, qui étoit mort quelques années auparavant, avoit commencé à prêcher une doctrine qui n'étoit pas conforme à ce que Luther et Calvin en avoient tenu et approchoit davantage de la vérité qui est enseignée en l'Église catholique.

Un ministre, nommé Vorstius^, commença, ladite

1. Jean-Olden Barneveldt (1547-1619), l'un des principaux chefs du parti républicain en Hollande, conclut en 1609 une trêve qui assurait l'indépendance de sa patrie.

2. Jacques Harmensen dit Arminius (1560-1609), célèbre théologien hollandais, étudia à Genève sous Théodore de Bèze, devint pasteur à Amsterdam en 1588, professeur à Leyde en 1603 et mourut dans cette ville en 1609. Il enseignait la doctrine du pardon divin pour tous les repentants contrairement à la doctrine de la prédestination des élus et des réprouvés soutenue par Calvin et par Gomar, autre professeur de Leyde.

3. Conrad Vorstius (1569-1622) fut aussi élève de Théodore de Bèze; nommé en 1610 professeur de théologie à l'Université de Leyde pour occuper la chaire vacante par la mort d'Armi-

année 1611, de prêcher suivant cette nouvelle doctrine avec grande chaleur. La nouveauté, qui est amie* des peuples, fit qu'il eut dans peu de temps grand nombre de sectateurs. Le roi d'Angleterre, qui prétend, par le titre de Défenseur de la foi et par celui qu'il se donne de chef de l'Église anghcane, devoir être comme une sentinelle qui donne avis des erreurs naissantes parmi les protestants, écrivit incontinent à Messieurs des États, leur remontre l'importance de cette nouveauté, qui séparera les cœurs de leurs peuples aussi bien que leur créance. Mais, nonobstant tous ses efforts, la négligence que Messieurs des États apportèrent en ce sujet fit que cette opinion gagna en peu de temps presque toute la Hollande, Utrecht, West-Frise et Over-Yssel, et ce, par l'autorité de Barneveldt, avocat général des États de Hollande et West-Frise, qui avoit été imbu de cette opinion à Heidelberg, il y avoit plus de trente ans. Sous son autorité ils prirent tel courage qu'ils levèrent des gens de guerre dans les villes pour leur sûreté, lesquels ils appelèrent Attendants, comme étant en attente pour les défendre si on les vouloit attaquer.

Leurs ennemis^ firent trouver cette action mauvaise, particulièrement au comte Maurice^, comme étant un attentat contre son autorité, qui devoit être

nius, il fut ensuite banni des Provinces-Unies et se retira dans les Etats du duc de Holstein.

1. Il faudrait plutôt aimée, quoique le manuscrit porte bien amie.

2. Les pages consacrées à Barneveldt semblent tirées du Mercure français, t. V, année 1618, p. 43-114, et année 1619, p. 1-63.

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