‹ MémoiresChapitre 159 sur 172 · Voyez ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, p

lui avoient pu faire jusqu'alors en sa faveur et que bientôt il ressentiroit les effets de leur amitié, cette lâcheté emporta Barbin à lui dire, sans considération du lieu où il étoit encore, que, quelque misérable qu'il fût, il renonçoit à leur amitié, qui ne pouvoit être guère grande en une cruauté si barbare qu' étoit la leur ; que c' étoit agir avec bien peu de courage de flatter de paroles celui dont ils machinoient la mort; qu'ils l'avoient ainsi traité, et que, tandis qu'ils faisoient sollicitertous les juges contre lui, ledit Brantes lui disoit plusieurs fois qu'il n'auroit point de mal et qu'on ne l'interrogeoit et faisoit son procès que pour avoir des lumières pour les procès qu'on vouloit parfaire aux autres ^ .

On le mena dès le jour même chez le chevalier du guet^, chez lequel il demeura deux jours seulement, durant lesquels il reçut plusieurs courriers du sieur de Luynes qui le pressoient de le faire sortir sans délai hors du royaume, tant ils étoient et de peu de courage et de peu de connoissance qu'ils avoient peur de lui en ce misérable état où il étoit. J'avois donné ordre à un homme de lui bailler de la part de la Reine l'argent qui lui étoit nécessaire pour faire son voyage ; mais son départ fut si pressé qu'il fut contraint d'emprunter de l'argent, lequel fut rendu incontinent après ^.

1. Barbin sortit de la Bastille le 23 septembre [Mémoires de Mathieu Mole, t. I, p. 224).

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