Sébastien Bouthillier : ci-dessus, p
4. A remarquer ce changement de style. Ici, on lit : « L'évêque
promettoit et qu'il ne vouloit pas tenir et que, sur le refus, il vouloit tirer avantage de ses offres, porta la Reine à recevoir les prières de son fils pour de très agréables commandements. Mais, comme elle s'y disposoit, on lui témoigne sous main qu'elle feroit chose désagréable au Roi et qu'elle en devoit perdre le désir.
Mais, en même temps, Monsieur le Prince, délivré, tient des langages qui lui sont désavantageux, lui écrit c|uelques lettres dont les termes sont du tout éloignés du respect qu'il doit au Roi et à elle. Il fait passer une déclaration du 9" novembre, aussi avantageuse pour lui comme elle étoit contraire à l'honneur de ceux qui ont conseillé son emprisonnement et désavantageuse à l'honneur et au service de S. M. : car, par icelle, le Roi attribuoit la détention faite dudit sieur le Prince à ceux lesquels, pour l'honneur qu'ils avoient lors d'approcher S. M. et de tenir de grandes charges et pouvoirs en son royaume, avoient tellement abusé de son nom et autorité que, si Dieu ne lui eût donné la force et le courage de les châtier, ils eussent enfin porté toutes choses en une grande et déplorable confusion. Et S. M. disoit que, s'étant soigneusement informée des raisons sur lesquelles on avoit prétexté sadite détention, elle avoit trouvé qu'il n'y en avoit eu autre que les mauvais desseins de ceux qui vouloient joindre à la ruine de cet État celle dudit sieur Prince, les actions et déportements duquel avoient toujours tendu à l'affermissement de son
de Luçon, » et, plus haut, Richelieu parle à la première personne.
autorité et sa grandeur. Pour raison de quoi, S. M. le déclaroit innocent des choses qu'on lui avoit imposées^ et dont on avoit voulu charger son honneur et sa réputation, et sur lesquelles on avoit pris prétexte de le faire arrêter. Et S. M., ce faisant, cassoit, révoquoit et annuloit toutes lettres, déclarations, édits, arrêts, sentences et jugements, si aucuns se trouvoient à son préjudice, depuis sa détention jusqu'alors^.
Cette déclaration n'est pas plus tôt expédiée que, par surprise, on la fait vérifier au Parlement^, les chambres non assemblées. On l'envoie par les provinces.
La Reine en écrit au Roi, lui représentant avec modestie le préjudice qu'il recevoit de cette déclaration, non seulement par la part qu'il prend dans ses intérêts par son bon naturel, mais principalement en ce que la continuation de la détention de Monsieur le Prince, qu'il avoit fait faire par l'espace de deux ans, ne pouvoit être qu'injuste si le premier arrêt de sa personne étoit digne de blâme ; que même on ne pouvoit condamner cette action sans le condamner luimême, puisqu'elle avoit été faite avec sa connoissance, peu auparavant qu'il prit le maniement de ses affaires.