‹ MémoiresChapitre 24 sur 172 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p

avoient plus ou moins perdu la crainte de Dieu et le respect dû à la majesté royale, les propositions qu'ils faisoient étoient différentes.

Les uns, qui étoient les plus modérés, étoient d'avis que l'on se saisît de la personne du maréchal d'Ancre pour le livi^er au Parlement, auquel on présenteroit requête pour lui faire faire son procès.

Les autres passoient plus avant, et, se défiant que, quelque aversion que le Parlement eût de lui, le Roi y seroit le plus fort et le retireroit de leurs mains, vouloient qu'étant pris on l'enlevât de Paris, et qu'on le mît en garde en quelqu'une * de leurs maisons fortes ou des places dont ils étoient gouverneurs; mais il y en eut qui allèrent jusques là d'opiner qu'il n'en falloit point faire à deux fois, qu'un homme mort ne pouvoit plus leur nuire, et qu'il étoit plus sûr de s'en défaire tout d'un coup-.

Gela se traitoit entre eux, nonobstant l'assurance que Monsieur le Prince lui donnoit de le^ défendre contre tous des entreprises* que l'on pourroit avoir contre sa personne : en quoi se voit le peu de foi qu'on doit avoir à ceux qui ne sont pas maîtres d'euxmêmes, mais esclaves de leur ambition. Il avoit néanmoins raison de lui avoir promis; car il l'en garantit par foiblesse, et par crainte d'exécuter ce qu'il vouloit et avoit résolu^.

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