‹ MémoiresChapitre 3 sur 172 · Chef-lieu de canton du département de la Charente · texte numérisé non relu

Chef-lieu de canton du département de la Charente

5. Monsieur le Prince, le duc du Maine, le duc de Longueville et le duc de Bouillon, qui étaient allés rendre visite au duc de Sully à Saint-Maixent. Les Mémoires de Pontchartrain (éd. Michaud, p. 356) contiennent un long récit de cet incident qu'ils mentionnent comme ayant eu lieu vers le 3 ou le 4 janvier. Le Mercure français (t. IV, année 1616, p. 18-19) et les Mémoires de Bassompierre donnent le 7 janvier comme date de cette rencontre.

Maixent^ où ils se dévoient assembler, et, s'ils n'en eussent été avertis, comme on croit qu'ils le furent par le duc de Guise même, ils fussent tous tombés en la puissance du Roi.

Le 8% S. M. renvoya vers ledit sieur le Prince le baron de Thiange, qui l'étoit venu trouver de sa part, et le maréchal de Brissac et M. de Villeroy, qui convinrent avec lui de la ville de Loudun^ pour le lieu de la conférence, qu'elle commenceroit le 10® février, et cependant qu'il y auroit suspension d'armes de part et d'autre jusques au premier jour de mars^. L'ordonnance de S. M. pour ladite suspension fut publiée le 23® janvier.

LL. MM. arrivèrent à Tours le 25% oîi il survint un accident bien étrange et d'un mauvais présage ; car, le 29 du mois, le plancher de la chambre où la Reine étoit logée, à l'hôtel de la Bourdaisière^, fondit, et la

1. Chef-lieu de canton du département des Deux-Sèvres, à vingt-trois kilomètres nord-est de INiort.

2. Au sujet de la conférence de Loudun, voyez le Journal de la conférence, par Pontchartrain (éd. Michaud, p. 416 et suivantes), et le volume publié par M. Bouchitté dans la collection des Documents inédits pour servir à l'histoire de France.

3. Le texte de cet arrangement, signé à Fontenay-le-Comte le 20 janvier, est conservé aux archives des Affaires étrangères, France 770, fol. 124 et suiv., sous le titre : Articles accordés sous le bon plaisir du Roi entre Messieurs de Brissac, maréchal de France, et de Villeroy, conseiller d' Etat de Sa Majesté, ses députés, d'une part, et Ms'' le prince de Condé, premier prince du sang, d'autre, afin de parvenir à une conférence pour la pacification des troubles de ce royaume. Il a été imprimé dans le Mercure françois, t. IV, année 1616, p. 19.

4. Ce bâtiment, construit au xvi^ siècle par Philbert Babou, cardinal de la Bourdaisière, était devenu l'hôtel des gouver-

plupart des grands et des officiers qui y étoient tombèrent; la Reine seule et ceux qui étoient proches d'elle ne furent point enveloppés en cette ruine. Et à Paris, la nuit de ce jour même, la glace de la rivière de Seine, qui étoit prise, venant à se rompre, fît périr plusieurs vaisseaux qui étoient chargés de provisions nécessaires pour la vie, et emporta une partie du pont Saint-Michel ; l'autre, qui ne fut pas emportée, fut tellement ébranlée, qu'elle tomba à quelque temps delài.

Le duc de Vendôme, qui avoit eu commandement et reçu de l'argent du Roi pour faire des troupes et les avoit levées, étant jusques alors toujours demeuré sans se venir joindre en l'armée du Roi, ni aussi se déclarer contre son service, faisoit, nonobstant la suspension d'armes, tant d'actes d'hostilité, qu'on fut contraint de lui commander de désarmer^ ; à quoi au lieu

neurs. D'après Bellanger [la Touraine ancienne et moderne, p. 404), le plancher s'effondra, entraînant dans sa chute le comte de Soissons, le marquis de Rostaing, les comtes de Villeroy, de Nangis et de Bassompierre, qui ne reçurent que de légères contusions. Brandélis de Champagne, marquis de Villaines, fut « bien blessé », dit le Journal cV Arnauld d'Andilly, p. 137. Voyez également le Mercure français, t. IV, année 1616, p. 24-25.

1. Elle s'écroula au mois de juillet de la même année, de sorte qu'on fut contraint de faire un autre pont de bois au-dessous tirant vers les Augustins [Mercure françois, t. IV, année 1616, p. 25). On commença à le reconstruire en pierres en 1618, et on le chargea de maisons comme le Pont-au- Change.

2. Bertrand de VignoUe, dit la Hire, fut envoyé vers le duc de Vendôme à cet effet : voyez le Journal d' Arnauld d'Andilly, p. 138.

d'obéir, il se retira vers la Bretagne, où le parlement de Rennes ordonna, par arrêt du 216" janvier, aux habitants des villes et bourgades de courir sus à ses troupes à son de tocsin, et le Roi lui envoya par un héraut commander de poser les armes, sous peine d'être déclaré^ criminel de lèse-majesté^.

Lors il leva le masque et déclara, le 18® février, être du parti de Monsieur le Prince, qu'il vint trouver à Loudun^; ce qui retint S. M. de le poursuivre plus avant '^.

Les propositions des princes^ furent, à leur ordinaire, colorées du spécieux prétexte du service du Roi et du bien de l'État. Ils demandèrent qu'il soit fait® une recherche exacte de ceux qui ont participé à la mort du feu Roi et que S. M. en veuille faire expédier une commission au Parlement; que les libertés et autorités de l'Église gaUicane soient maintenues; que

1. Le mot déclaré a été ajouté en interligne par Sancy sur le manuscrit B.

2. Le héraut rencontra le duc de Vendôme au bourg de Chantocé, près Ancenis. Tout ce paragraphe, relatif au duc de Vendôme, est emprunté au Mercure français, t. IV, année 1616, p. 38, 42 et 43.

3. Les députés étaient l'éunis à Loudun depuis le 13 février.

4. Le Mercure françois, t. IV, p. 43, dit : « Ainsi Monsieur de Vendôme se déclara joint et uni avec Monsieur le Prince, ce qui fit, pour un temps, retenir les troupes du Roi de poursuivre les siennes jusques à ce qu'il en eût été traité à la conférence de Loudun. »

5. Le Mercure français, t. IV, année 1616, p. 45 et suiv., donne le texte de ces propositions et, en regard, les réponses qui y furent faites.

6. L'emploi du présent à la suite du passé pourrait indiquer que ce qui va suivre est la copie d un autre document.

le concile de Trente ne soit point reçu; que l'autorité et dignité des cours souveraines ne soient point affoiblies ; que les édits de pacification soient entièrement observés ; qu'il soit pourvu dans quelque temps aux remontrances du Parlement et aux cahiers des États ; que les anciennes alliances soient conservées ; retrancher l'excès des dons et pensions, et principalement aux personnes de nul mérite. Tout cela ne reçut point de difficultés à être admis et accordé par le Roi. Ils demandèrent que le premier article du cahier du tiers état fût accordé. A quoi S. M. ne put consentir, mais promit seulement qu'elle y pourvoiroit avec l'avis des principaux de son Conseil, lorsqu'il seroit répondu aux cahiers des États'.

Ils insistèrent que l'arrêt du Conseil sur le sujet des remontrances du Parlement fût révoqué. S. M. fut, par leur importunité, obligée de consentir qu'il demeurât sans effet.

Ce qui apporta plus de préjudice à son autorité royale fut que S. M. accorda que tous édits, lettres patentes, déclarations, arrêts, sentences, jugements et décrets donnés contre les princes et tous ceux qui les ont suivis, seroient révoqués et tirés des registres et qu'ainsi en seroit-il fait de la déclaration faite à Poitiers en septembre dernier 2, sans qu'elle pût être tirée en exemple pour l'avenir, en ce qui regarde la dignité des princes du sang; car, par là, S. M. sembloit avouer que ladite déclaration donnée à Poitiers avoit été

1. Voyez le Mercure français, ibid., p. 45 et suiv., que les rédacteurs des Mémoires ont utilisé.

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