LL. MM. envoyèrent quérir M. de Créquy, mestre
1. Louis Testu, seigneur de Frouviile et de Villers-en-Vexin, conseiller et maître d'hôtel du Roi, chevalier du guet de la ville de Paris en 1613.
2. Antoine Feydeau, seigneur de Bois-le-Vicomte, trésorier de l'Epargne, fut accusé de malversations dans les finances. Sa fille Maiùe Feydeau, épousa en 1622 Timoléon de Daillon, comte du Lude et marquis d'Illiers.
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de camp du régiment des Gardes, et M. de Bassompierre, colonel général des Suisses et mestre de camp du régiment des Gardes suisses de S. M. La Reine les ayant avertis du dessein que le Roi et elle avoient pris, afin qu'ils se tinssent à la porte du Louvre avec leurs régiments en bataille, pour empêcher tout désordre et arrêter Monsieur le Prince, si par hasard il vouloit sortir, après avoir fait ce qu'ils purent pour empêcher la Reine de son dessein, en exagérant les inconvénients qui en pourroient arriver, ils demandèrent des lettres patentes scellées du grand scel, pour exécuter le commandement qui leur étoit fait*. Sur quoi, la Reine leur demandant s'il leur falloit d'autre commandement que celui de la propre bouche du Roi, en une occasion si pressée que celle-là, et en laquelle il ne leur pouvoit donner l'assurance qu'ils vouloient, ils la supplièrent d'envoyer au moins avec eux quelque exempt des gardes du corps du Roi, et que, moyennant qu'il y fût, ils feroient ce qu'il leur commanderoit de la part de S. M. Le Roi, après avoir longtemps pensé qui il y pourroit nommer, dit à la Reine qu'il falloit prendre Launay-, qui étoit celui qui avoit pris le président Le Jay, et étoit brave homme. On l'envoya quérir aussitôt. Dès qu'il fut venu, S. M. lui commanda d'aller avec lesdits sieurs de Créquy et Bassompierre en leurs corps de garde et que, lorsque les princes et seigneurs qu'il lui nomma
1. Bassompierre, dans ses Mémoires, ne fait aucune allusion, pour sa part, à de semblables exigences (éd. Chantérac, t. II, p. 88).
2. Ludovic de Vièvres, seigneur de Launay, lieutenant des gardes du corps : voyez le Journal d'Arnauld cCAndilly, p. 104.
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voudroient sortir du Louvre, il fit commandement auxdits sieurs de Gréquy et de Bassompierre de les en empêcher. Lors ils partirent ensemble et s'y en allèrent.
M. de Gréquy, en partant, demanda à la Reine si on empêcheroit aussi M. de Guise de sortir. Elle lui répondit que non et qu'elle étoit assurée de ses frères et de lui.
Les gardes étoient en bataille devant le Louvre, et, afin que ce fût sans soupçon, le carrosse du Roi étoit au pied du degré, comme s'il vouloit sortir.
Tout cela n'empêcha pas néanmoins que les partisans des princes, que leurs consciences accusoient, n'entrassent en quelque peur. Thiange, lieutenant de la compagnie des gendarmes de M. de Mayenne, dit à La Ferté*, qui étoit au duc de Rohan, qu'il y avoit quelque chose, qu'il avoit vu les sieurs de Gréquy et de Bassompierre passer en leurs corps de garde avec un exempt des gardes du corps, fort pâles, que les gardes étoient en bataille, qu'il voyoit bien le carrosse du Roi, mais qu'il craignoit qu'il y eût quelque mystère caché qu'on n'entendoit point, et appela incontinent un gentilhomme qui étoit à lui, et l'envoya avertir M. de iMayenne, qui étoit, ce matin-là, allé visiter le nonce-. Un autre entra au Gonseil, qui parla à Monsieur le Prince, qui changea un peu de couleur, et rompit tout aussitôt le Conseil^.
1. Ce La Ferté, compromis dans des manœuvres contre Luynes, fut, comme on le verra plus loin, condamné en 1618 à neuf années de bannissement.