Ci-dessus, p
i\i MÉMOIRES [1616]
porté le Roi à récompenser leurs fautes ; que sa bonté ne les avoit pas rendus meilleurs, et la paix n'avoit pas été plus tôt conçue qu'ils ne méditassent une nouvelle guerre. On parla du mariage du Roi, ils menacèrent de s'y opposer; le Roi l'entreprit, ils arment aussitôt pour en troubler l'exécution. Leur crime ayant donné au Roi sujet de les punir, et leur foiblesse le moyen, la Reine s'étoit contentée de le pouvoir faire. On avoit traité avec eux; le Roi les avoit reçus en père au lieu de les châtier en maître ; et qu'après tout cela, ils n'avoient pas plus tôt été de retour dans la cour, qu'ils s'étoient proposé de l'en éloigner. Toutes lesquelles choses étant, c'eût été à la Reine une aussi grande imprudence de s'y fier, que c'étoit à lui une grande indiscrétion de le lui conseiller ' .
Cependant, le trouble et l'étonnement de l'arrêt de Monsieur le Prince ne fut pas plus tôt cessé que le maréchal d'Ancre revint à la cour^. S'il en étoit parti avec un grand désespoir, il n'y revint pas avec une moindre présomption et espérance de recommencer à gouverner pis que jamais. Sa femme étoit si abattue de l'effroi où elle s'étoit trouvée, duquel nous avons parlé ci-devant^, et de son humeur mélancolique que
1. Le manuscrit B porte ici, de la main de Sancy, en marge : Vide icy, et, à la fin de l'alinéa, ces mots rayés, qui servaient de renvoi, V. f. 17, p. 2 A. La lecture de ces derniers mots ne nous paraît pas absolument certaine. On pourrait peut-être les interpréter ainsi : « Vide feuille 17, page 2, A. « Deux lignes du texte sont d'ailleurs ensuite barrées ; les voici : Ce changement fut bien désagréable aux Princes qui crurent que n ayant plus personne de leur.