Ci-dessus, p
cette crainte avoit irritée, qu'elle en étoit en quelque manière sortie hors de son bon sens, ne partant plus ^ de sa chambre et ne voulant voir personne, croyant que tous ceux qui la regardoient l'ensorceloient, et elle avoit étendu ce soupçon jusques à la personne de Barbin, qu'elle avoit pour ce sujet prié de ne la plus aller voir.
Le maréchal, à son arrivée, demanda audit Barbin s'il y auroit plus de danger qu'il se mêlât des affaires^. L'autre, qui sa voit qu'il étoit déjà résolu de faire ce qu'il lui demandoit, et qu'il ne s'en abstiendroit pas, quoiqu'il lui conseillât, mais prendroit sujet de croire que l'ambition le porteroit à lui donner ce conseil, lui dit qu'à son avis il le pouvoit faire, et qu'il ne voyoit point de raison qui l'en dût empêcher. Mais cela, néanmoins, fut l'entrée de sa ruine, le confirma en la haine de tout le monde, et donna un des principaux moyens à Luynes de médire de lui et de la Reine au Roi, et préparer l'orage que nous verrons tomber sur sa personne^ l'année suivante. Luynes commença à représenter au Roi que l'autorité royale étoit en la personne dudit maréchal, qu'elle ne résidoit en S. M. que de nom, et que, pour se fortifier en ses mauvais desseins, il éloignoit la Reine sa mère de la bienveillance qu'elle lui devoit.
Le Roi étant tombé malade^, à la Toussaint, d'une
1. Le mot partant a été substitué par Sancy, sur le manuscrit B, au mot sortant.
2. Des affaires a été substitué à d'affaires par Sancy sur le manuscrit B.
3. Les mots sa personne ont été substitués par Charpentier au mot luy sur le manuscrit B.