La lettre au duc de Mayenne se trouve fidèlement et clai
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Mais toutes ces lettres du Roi étant inutiles, pour ce qu'il n'avoit pas affaire à personnes qui manquassent de connoissance de leur faute, mais de volonté de s'amender, LL. MM. se résolurent d'apporter des remèdes assez puissants à ces maux qui étoient à l'extrémité. Elles considérèrent que celle-ci étoit* la quatrième fois qu'ils se soulevoient et excitoient des tempêtes en l'État, qu'ils n'avoient reçu nul sujet de mécontentement depuis le traité de Loudun quand ils recommencèrent leurs pratiques, qu'ils n'en ont eu non plus depuis le dernier accommodement de Soissons, qu'il est aisé de le voir aux prétextes qu'ils prennent, lesquels sont imaginaires, que ses finances sont épuisées des grands dons qui leur ont été faits depuis la mort du feu Roi jusques à présent ;
Que Monsieur le Prince a reçu depuis six ans trois millions six cent soixante-cinq mille neuf cent quatre vingt-dix livres; M. le comte de Soissons, et, après sa mort. Monsieur son fils et Madame sa femme, plus de quinze cent mille livres; JVI. et M""" la princesse de Conti, plus de quatorze cent mille livres ; M. de Longueville, douze cent tant de mille livres; MM. de Mayenne père et fils, deux millions tant de mille livres ; M. de Vendôme, près de six cent mille livres ; M. d'Épernon et ses enfants, près de sept cent mille livres; M. de Bouillon, près d'un million de livres-, sans y comprendre ce qui
rement analysée dans ces deux derniers paragraphes; des phrases en ont même été textuellement reproduites.
1. Une première rédaction du manuscrit B portait : Considérant que celle-ci étoit. La correction a été faite par Sancy.
2. Le début de cet alinéa est la copie dun passage des instructions données à Schonberg à son départ pour l'Allemagne. Sancy avait marqué l'extrait à faire : voyez Affaires
leur a été payé des gages et appointements de leurs charges, des deniers du taillon pour leurs compagnies de gendarmes, de l'extraordinaire des guerres pour les garnisons de leurs places, outre les pensions et autres dons qu'il ont fait accorder à leurs amis et domestiques^ ;
Que toutes ces gratifications immenses n'ont de rien servi, au contraire semblent avoir donné occasion à leur malice d'avoir recommencé les mêmes soulèvements, espérant d'en tirer toujours, par ce moyen, les mêmes avantages; outre que les dépenses extraordinaires qu'il a fallu faire pour s'opposer à leurs rebellions, ayant coûté de compte lait plus de vingt millions, ils espèrent enfin épuiser tellement les finances du Roi, qu'il n'ait plus le moyen de les empêcher de partager entre eux son royaume^;
Que les dissimulations et déguisements de paroles qu'ils apportent sont pour le surprendre, et encore pour faire croire aux simples que ce n'est qu'à l'extrémité et par force qu'ils entrent en guerre; que S. M., par sa prudence, s'est garantie de la surprise; quant aux peuples 2, qu'ils sont tous détrompés, et n'y a plus
étrangères, corr. politique, Allemagne 5, fol. 265-266; voyez aussi Avenel, p. 232.
1. La fin de l'alinéa est empruntée aux mêmes instructions (fol. 266 v«).
2. Ce paragraphe est tiré de la réponse faite par le Roi à la « remontrance » que les ducs de Vendôme et de Mayenne et le maréchal de Bouillon lui envoyèrent, le 4 février. Cette réponse est dans le Mercure français, t. IV, année 1617, p. 50 et suivantes. Le passage en question est à la page 58. Voyez plus loin la note 3, p. 144.
3. Le manuscrit B portail, avant la correction de Sancy, pour les peuples.
personne en ce royaume qui ne connoisse que ces princes, ne respirant en appai^ence que le bien de l'État, par leurs effets lui procurent tout le mal qu'ils peuvent ^ .
LL. MM., ayant considéré toutes ces choses, crurent qu'étant dans un temps où le malheur du siècle et de la nation porte les sujets à mépriser l'autorité du prince qui ne peut être assez respectée, et la prudence d'un prince débonnaire l'obligeant à faire montre de plus de sévérité qu'en effet il n'en vouloit exercer, elles dévoient, sans différer davantage, les déclarer, eux et leurs adhérents, criminels de lèsemajesté^. Le Roi fit premièrement une déclaration particulière contre M. de Nevers et tous ceux qui étoient joints à lui, les déclai^ant atteints et convaincus dudit crime^, si, dans quinze jours après la publication
1. Ce paragraphe est encore un rësiuiié de quelques passages de la réponse du Roi à la « remontrance « envoyée, le 4 février, parles ducs de Vendôme, de Mayenne et de Bouillon; voyez le Mercure français, l. IV, année 1617, p. 50 et suivantes.
2. Tout le commencement de ce paragraphe a été remanié et corrigé en interlignes, sur le manuscrit B, de la main de Charpentier. On lisait auparavant : « Leurs Majestés ayant considéré toutes ces choses crurent ne devoir pas différer davantage à les déclarer publiquement eux et leurs adhérents... » Charpentier a fait à ce texte les additions que l'on peut constater dans la leçon que nous donnons, sauf le membre de phrase suivant que Sancy a ajouté en marge : « et la prudence dun prince débonnaire l'obligeant à faire montre de plus de sévérité, etc.. »
3. Les mots atteints et convaincus dudit crime ont été substitués par Sancy sur le manuscrit B aux mots : tous criminels de lèse-majesté. — La déclaration contre le duc de Nevers et ses adhérents est datée de janvier 1617. Le texte s'en trouve dans le Mercure franrois, t. IV, année 1617, p. 20 et suivantes.
d'icelle, ledit duc, reconnoissaiit sa faute, ne venoit en personne trouver S. M. pour lui en demander pardon, ne faisoit retirer hors du royaume les étrangers qu'il y avoit introduits, ne licencioit ses gens de guerre qu'il avoit levés, et n'ôtoit les garnisons qui avoient été établies par lui et ses adhérents sans ordre ni commission de S. M., et, pour le regard de ceux qui lui avoient adhéré, si, dans ledit temps, ils ne se présentoient aux sièges des bailliages au ressort desquels ils faisoient leur résidence, pour en faire protestation enregistrée aux greffes d'iceux''.
Cette déclaration fut vérifiée au Parlement le 1 7 janvier. Le duc de Mayenne, en ayant avis, fit défenses en tous les lieux qu'il tenoit qu'on eut à l'avoir^, l'imprimer ni la vendre, et la fit ôter de violence des mains des officiers du Roi qui la dévoient publier. Et, à peu de jours de là, les ducs de Nevers, de Vendôme, de Bouillon, le marquis de Cœuvres, le président Le Jay et autres de leur parti le vinrent trouver à Soissons, où, tenant une forme d'assemblée^, ils dressèrent premièrement une lettre* sous le nom du duc
1. Ce paragraphe, depuis les mots : « Le Roi fit premièrement une déclaration », est tiré presque textuellement de la déclaration royale de janvier 1617 contre le duc de Nevers et ses adhérents : voyez Mercure /rançois, p. 31 et 32.
2. Le manuscrit B portait la voir; c'est Sancy qui a fait la correction.