Sissonne, chef-lieu de canton du département de l'Aisne
5. Les opérations du duc de Guise sont données avec plus de détails dans le Mercure francois, p. 116 et 117.
laquelle il réunit à son domaine et confisqua tous les biens des rebelles ^ .
Le duc de Guise, poursuivant sa pointe, alla investir Chàteau-Porcien le 15^ mars. M. de Nevers, qui étoit à Rethel, distant seulement de là de deux lieues, le secourut de ce qu'il put, mais ne put empêcher qu'il n'entrât dans la ville le 39^ et dans le château le 31''; et, passant outre, il prit Wasignyle 3^ avriP. Le 8% il assiégea Rethel, d'où M. de
1. Cette déclaration a été imprimée dans le Mercure f'rancois, t. IV', année 1617, p. 152; il en a été parlé ci-dessus, p. 150. Une première rédaction du manuscrit B, modifiée par Sancy, portait : « Le Roy, offensé de cette insolence, fit une déclaration le 10^ mars. » Il y avait dans le manuscrit un alinéa sur lequel a été passé un trait de plume. On l'a lu plus haut, p. 150, assez écourté, dans la rédaction définitive; voici ce qui a disparu : « Les Princes, voyant que les armes bastoient si mal pour eux, eurent recours à la plume et firent une nouvelle déclaration et protestation du 5" mars, laquelle ils intitulèrent contre la conjuration et tyrannie du maréchal d'Ancre et de ses adhérents, en laquelle, parlant, sous de belles paroles, très insolemment du Roi et de sa conduite, ils disoient que les ennemis de l'Etat (ainsi appeloient-ils les ministres) s'étoient empai^és de sa personne et leur ôtoient tout libre et sûr accès auprès d'elle. »
2. Wasigny, département des Ardennes, arrondissement de Rethel. Le manuscrit B porte Cisigny, comme le Mercure f'rancois, t. IV, année 1617, p. 174.
3. Voyez, dans le Mercure fraurois, l. IV, année 1617, p. 166-174, tous les détails de ces opérations. A noter aussi une copie de lettre qui a été vue pour les Mémoires et que Richelieu avait écrite au maréchal d'Ancre, le 14 avril 1617. Charpentier a mis au dos du document le mot « Employé », qui indique bien qu'on s'est servi de la pièce pour les Mémoires. Il en a fait à la suite une sorte de résumé (Affaires étrangères, France 771, fol. 285).
Nevers, qui étoit si brave en paroles, se retira et alla à iMézières, fuyant toujours devant les armées du Roi ; et, voyant Rethel à la veille d'être prise par force et pillée, envoya Marolles^ au duc de Guise, qui lui permit d'entrer dans la ville et lui donna terme jusques au lendemain midi 16® avril, dans lequel temps il la lui fit rendre par composition-.
De là, le duc de Guise avoit commandement du Roi d'aller mettre le siège devant Mézières, et en étoit près quand S. M., sur l'avis qu'elle reçut que douze cents reîtres et huit cents carabins, qui avoient été levés en Allemagne pour les princes sur le crédit de M. de Bouillon, étoient entrés dans la Lorraine, lui commanda de s'aller opposer à leur entrée, et quant et quant favoriser celle des reîtres et lansquenets que le comte de Schonberg avoit levés pour S. M.^.
Tandis que l'armée du Roi, commandée par le duc de Guise, étoit si heureusement employée pour son
1. Claude de Marolles (1564-1633), fils de Claude et de Françoise d'Erian, fut lieutenant-colonel des gardes suisses, puis entra vers 1613 dans la maison de Nevers, où il fut chargé de l'éducation du duc de Rethelois, fils aîné du duc de Nevers. La pension de 1,200 écus que lui faisait le Roi lui fut continuée ; le duc lui en assura une égale et lui promit « qu'il auroit sa compagnie de chevau-légers entretenue ». Louis XIII le nomma, en 1627, maréchal de camp. Il fut marié deux fois, la première à Agathe de Châtillon, morte en 1630, et la seconde à Lucrèce du Hamel.
2. Ce même récit se trouve avec plus de détails dans une lettre de Richelieu au maréchal d'Ancre, en date du 14 avril 1617 (Avenel, t. VII, p. 381), et dans le Journal d'Arnauld cVAndilly, p. 277.
3. Ce paragraphe et le passage des Mémoires relatif au siège de Rethel se trouvent dans le Mercure françois, t. IV, année 1617, p. 183-188.
service contre le duc de Nevers en Champagne, l'autre, qui étoit commandée par le maréchal de Montigny au Berry et au Nivernois contre le même, ne faisoit pas moins d'elFet. Il prit GuffyS puis Glamecy, Donzy' et Entrains^, et en l'une de ces places prit prisonnier le second fils du duc de Nevers^, fit lever le siège de devant Saint-Pierre-le-Moutier^, et, passant jusques à la ville de Nevers, l'assiégea et la pressa de telle sorte que M""^ de Nevers, qui y étoit enfermée, avoit commencé à capituler. Le Roi lui avoit mandé ne lui vouloir accorder autre capitulation, sinon qu'il lui donnoit la liberté de le venir trouver pour lui demander pardon, auquel cas il vouloit oublier tout le passé, se réservant à user de sa clémence envers ceux qui avoient adhéré à son parti, selon qu'il le jugeroit équitable, et que la moindre énormité de leur crime le permettroit.
Le comte d'Auvergne, qui commandoit l'armée du
1. Bourg du département de la Nièvre, situé à deux lieues à l'ouest de Nevers. Le ms. B porte Coeffy.