‹ MémoiresChapitre 75 sur 172 · Marie Concini : tome I, p · texte numérisé non relu

Marie Concini : tome I, p

,3. Sancy a écrit en marge du manuscrit B : le premier jour de janvier de la présente année.

son sexe, la voulut soustraire aux désastres qui la menaçoient si elle eût vécu jusques alors.

Le baron de Vitry fut fait à l'instant maréchal de France pour récompense de l'exécution qu'il avoit faite. Sa charge de capitaine des gardes fut donnée au sieur du Hallier^ son frère, qui, ayant étudié pour être homme d'église et porté l'habit de religieux dans l'abbaye Sainte-Geneviève, en espérance de succéder à l'abbé, qui étoit son parent-, avoit quitté cette profession à la mort de l'un de ses frères'^; et, nonobstant que cela lui fît tort en la vie du monde, en laquelle il entroit, néanmoins, son courage et sa vertu, aidés de ce qu'étoit son père dans la cour, et de son frère, lui firent acquérir la réputation de brave et sage gentilhomme, et il fut estimé d'un chacun bien digne de la charge importante qui lui fut confiée.

1. François de IHospital (1583-1660), comte de Rosnay, seigneur du Rallier. Destiné d'abord à l'état ecclésiastique, il avait été nommé évêque de Meaux par Henri IV. Il prit part aux expéditions de la Rochelle et du Pas-de-Suse (1628 et 1630), servit en Lorraine (1633) et fit toutes les campagnes qui suivirent sous le duc de \V eimar et dans l'armée du maréchal de Châtillon. Le 23 avril 1043, il fut fait maréchal de France, et, en 1640, avait été nommé gouverneur de Champagne et de Brie; en 1649, il fut pourvu du gouvernement de Paris.

2. Joseph Foulon, abbé de Sainte-Geneviève de Paris depuis 1559, avait choisi pour coadjuteur en 1604 le jeune François de l'Hospital; mais la mort de son frère l'ayant fait quitter l'état ecclésiastique en 1606, Foulon se fit adjoindre Benjamin de Brichanteau. C'est ce dernier qui était parent de MM. de Vitry par leur mère Françoise de Brichanteau de Nangis ; Richelieu a fait confusion.

3. C'était l'aîné; envoyé à Rome en 1600, il y mourut jeune, en novembre 1606.

Persan, beau-frère de Vitry*, eut la lieutenaneede la Bastille et la charge de garder Monsieur le Prince au lieu du chevalier Gonchine, frère du défunt^.

L'après-dînée de ce jour, tous les ordres et toutes les compagnies de la ville vinrent saluer le Roi et lui applaudirent de l'action qu'il avoit faite. Ils trouvèrent S. M. sur un jeu de billard, où le sieur de Luynes l'avoit fait mettre exprès pour être vu plus aisément de tout le monde ^. On lui dit depuis que c'étoit comme un renouvellement de la coutume ancienne des François, qui portoient leurs rois, à leur avènement à la couronne, sur leurs pavois à l'entour du camp, pour être vus et recevoir plus aisément les acclamations de joie de toute son armée, dont on voit même quelque exemple en l'écriture sainte à l'avènement d'un des rois du peuple de Dieu. 11 fut bien aise de se servir de cela et faire accroire qu'il l'avoit fait à dessein. Mais le Roi, étant au bas âge qu'il étoit, et lui n'ayant, jusques à cette dernière journée, faitautre métier auprès de lui que de le servir en ses passetemps et lui siffler des linottes, il semble cju'il eût été à propos qu'il eût choisi un autre Heu pour l'élever,

1. Henri de Vaudetar, baron de Persan, épousa, en 1607, Louise de l'Hospital, sœur du maréchal de Vitry.

2. Le manuscrit B portait auparavant : le gouvernement. C'est Sancy qui a fait la correction.

.3. Barthélémy Concini, dit le chevalier Conchine (6 septembre 1565-13 octobre 1629), était le frère aîné du maréchal d'Ancre; nommé sénateur de Florence en 1615, il avait dû venir en France peu après, mais sans amener sa femme, Alexandrine Antinori, ni ses filles, dont il a été parlé ci-dessus, p. 175.

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