‹ MémoiresChapitre 78 sur 172 · Le fils de Concini : ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Le fils de Concini : ci-dessus, p

3. Ces lettres, du 29 avril, se trouvent dans les registres du Parlement à la date du 20 mai (Xi*8648, fol. 383).

finances; Déageant, commis de Barbin, qui l'avoit fait contrôleur générai, fut fait intendant en récompense de son infidélité; les sceaux furent rendus à du Vair avec tant d'fionneur que le Roi passa une déclaration qu'il envoya au Parlement, par laquelle il fit savoir qu'ils lui avoient été ôtés contre son gré, et, partant, qu'il vouloit que les anciennes lettres de provision qui lui avoient été expédiées lui servissent maintenant pour rentrer dans l'exercice de sa charge, sans qu'il en eût besoin d'autres, et M. de Villeroy rentra en la fonction de la sienne^ de secrétaire d'État, par indivis avec M. de Puyzieulx.

Les ministres qui servoient actuellement sous l'autorité de la Reine furent tous décrédités. Comme en ces bâtiments qu'on mine par le pied rien ne demeure, ainsi, l'autorité de la Reine étant ruinée, tous ceux qui subsistoient en elle tombèrent par sa chute. Je fus le seul auquel Luynes eut quelque égard ; car il m'offrit de demeurer au Conseil avec tous mes appointements; mais, voyant le traitement qu'on commençoit à faire à la Reine, je ne le voulus jamais et préférai l'honneur de la suivre en son affliction à toute la fortune qu'on me faisoit espérer^.

Ces Messieurs les nouveaux ministres, ou plutôt le sieur de Luynes, commencèrent leur gouvernement

1. Dans le manuscrit B, il y avait d'abord en l'exercice de sa charge; Charpentier a remplacé ces mots parles suivants en la fonction de la sienne.

2. Il ne semble pas que l'offre faite à Richelieu de conserver le pouvoir ait été bien sérieuse. Pontchartrain dit en effet : « Le Roi fit défense à l'évêque de Luçon de plus s'entremettre de ses affaires » [Mémoires, t. il, p. 223). De son côté, Brienne

par prendre tout le contrepied de ce que faisoient ceux qui avoient gouverné devant eux et firent dessein de rappeler auprès du Roi tous ceux qu'ils croyoient être ennemis de la Reine. Ils envoyèrent quérir Sauveterre jusques au fond de la Gascogne ^ espérant s'en servir comme d'un puissant instrument pour insinuer dans l'esprit du Roi ce qu'ils voudroient, bien que ce fût, en effet, Luynes même qui, par ses artifices secrets, l'eût fait chasser^. Mai s cela n'importoit pas tant comme ce qu'ils mirent en la bonne grâce du Roi tous les princes qui avoient pris les armes contre lui et étoient à l'extrémité, et dépêchèrent au nom du Roi, incontinent après la mort du maréchal, vers le duc de Longueville à Amiens et celui de Vendôme qui étoit à la Fère, et à Soissons vers M. de Mayenne, pour les venir faire trouver S. M. incontinent, les assurant qu'ils seroient très bien vus et reçus d'elle.

M. du Maine envoya le comte de Suze^, son beaufrère, porter les clefs de Soissons au Roi, qui le reçut le 27 avril, comme s'il eût tenu son parti, et le comte d'Auvergne le parti contraire. Le même jour arriva le duc de Longueville, qui fut reçu de même. Le duc de Nevers fit un peu plus de cérémonie que

rapporte que « l'évêque de Luçon, ayant paru, eut ordre de se retirer » [Mémoires^ éd. Petitot, t. I, p. 327).

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