Voyez tome I, p
2. Jacques de Bésiade, sieur de Sauveterre, avait été disgracié à la fin de 1615 (tome I, p. 417).
3. Rostaing de la Baume, comte de Suze, épousa en 1583 Madeleine des Prez de Montpezat, sœur utérine du duc du Maine. Il mourut en 1622. Les manuscrits et les précédentes éditions des Mémoires semblent commettre une erreur en appelant ce personnage le comte de la Suze.
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les autres et vouloit traiter^ avec le Roi, ayant toujours eu des fantaisies qui l'ont fait aller dans les atïaires par un chemin particulier à lui seul; mais, néanmoins, voyant qu'on ne vouloit pas se relâcher jusques-là, il se rendit en son devoir et vint avec M. du Maine et le duc de Vendôme trouver S. M. le jour de l'Ascension^.
Mais ces Messieurs s'aperçurent bientôt de leur faute et s'en repentirent, M. de Villeroy ayant témoigné plusieurs fois que, s'ils eussent suivi la pointe de ceux qui servoient sous l'autorité de la Reine contre les princes, ils eussent établi la paix en ce royaume pour cent ans; que nous avions été bien hardis de faire une telle entreprise et eux peu sages de ne la continuer pas. Et, en elîet, le changement dont ils usèrent, passant du blanc au noir, n'eut autre fondement que la pratique ordinaire que ceux qui changent un établissement ont de prendre le contrepied de ceux en la place desquels ils se mettent, aimant mieux faire une faute signalée pour donner à penser que les résolutions contraires que l'on avoit prises étoient défectueuses, qu'en continuant ce qui avoit été fait, faire connoître qu'on avoit bien fait.
Cependant, Luynes ayant résolu qu'il falloit éloigner la Reine, ils confirmèrent tous le Roi en cette résolution; et, bien qu'entre eux ils fussent de divers avis sur le lieu où ils estimeroient qu'elle devoit être envoyée, ils convinrent enfin que, pour l'heure, elle
1. Le mot traiter a été substitué par Sancy au mot consulter, sur le manuscrit B.
2. Ce paragraphe est un résumé du Mercure françois, p. 215 et 216.
n'iroit qu'à Blois, la Reine l'ayant songé quelques jours auparavant sa chute et dit à ses chirurgiens et médecins. Ce songe l'y fit résoudre plus facilement lorsqu'ils lui firent savoir leur dessein, et croire que c'eût été se perdre que vouloir résister à la furie des torrents.
Le jour de son départ étant arrêté au 3® mai, comme elle veut partir, on la conjure de s'arrêter cette journée, pour éviter un mauvais dessein qui s'étoit formé et découvert contre sa personne. Elle crut au commencement que cet avis étoit faux ; mais elle changea d'opinion, ayant appris par le sieur de Bressieux*, son premier écuyer, qu'un de ceux qui avoient conspiré la mort du maréchal étoit auteur d'une si détestable entreprise. Cependant, sa première pensée étoit véritable; il n'y avoit rien à craindre pour elle, mais beaucoup pour Luynes, qui avoit violé sa foi donnée solennellement à ses complices.
C'est la coutume des larrons de partager les choses qui ne sont pas encore prises, de disposer du butin avant qu'ils aient commis le vol. Luynes, à leur imitation, n'avoit pas encore épandu le sang du maréchal qu'il avoit déjà ordonné de la dépouille, où, s'étant réservé ce qu'il y avoit de meilleur, il avoit fait espérer au Travail^ l'archevêché de Tours. Ce malheureux, sur l'attente de ce bien imaginaire, ne contribua pas peu à sa mort, faisant connoitre à ses ennemis le gain