Voyez ci-dessus, p
2. Alphonse du Travail, Dauphinois, fut, dit-on, tour à tour soldat et religieux, huguenot et capucin, sous le nom de Père Hilaire, et espion pour le compte du duc de Savoie.
c|u'ils avoient en sa perte, le peu de péril à l'entreprendre et les moyens qu'il falloit tenir à l'exécuter avec succès. Mais, comme il arrive d'ordinaire, pour la confusion des méchants, que d'autres profitent de leur malice. Dieu permit que l'évêque de Bayonne* tirât la récompense promise à sa faute.
Je ne veux pas m'étendre sur la violence dont on usa pour arracher cette pièce; il me suffit de dire qu'on dépouilla un homme vivant^ sans l'accuser d'aucun crime, qu'on le contraignit par diverses menaces de s'en démettre, contre les lois divines et humaines, contre tout droit ecclésiastique et civil.
Travail voyant es mains d'autrui le salaire de son iniquité, que la part qu'il avoit eue dans le crime ne lui étoit pas conservée dans la dépouille, que Luynes avoit payé ses services d'un parjure, il se résolut de passer jusques au mépris de la vie pour se rendre maître de la sienne. Il pensoit par cette dernière action couvrir la honte que la première lui avoit attirée ; il croyoit réparer par la mort de ce second tyran le tort qu'il avoit fait au public, offensant la mère du Roi, une vertu si éminente et une puissance si légitime.
Pour parvenir à ce but, il se propose de dissimuler son juste mécontentement, de lui donner^ des conseils sur la suite de son gouvernement avec la même sincérité qu'il avoit fait au commencement de sa conspiration du temps du maréchal, où les moindres choses donnoient de l'ombrage, où les conversations