Le 20 juillet
4. Les deux paragraphes précédents résument le Mercure françois, t. V, année 1617, p. 68-73. Le même recueil donne, p. 326, l'édit du Roi.
5. Philippe Cospéan, évéque d'Aire en 1607 et qui prononça l'oraison funèbre de Henri IV, fut, en janvier 1621, nommé
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à S. M. sur le sujet des duels avec non moindre succès; car il lui sut si bien remontrer l'énormité de ce péché et la vengeance sévère que Dieu en prendroit de ceux qui les toléroient, que S. M. commanda si efficacement que la rigueur de ses édits fût observée, que les corps morts de quelques gentilshommes qui se battirent depuis furent traînés à Montfaucon^
Cependant, on faisoit le procès à la maréchale d'Ancre, avec une ferme résolution de la faire condamner en quelque manière que ce fût. On eut premièrement volonté de lui confronter Barbin, espérant en tirer quelque avantage; car, lorsque la Reine, à son partement, fit instance au Roi et au sieur de Luynes qu'on le délivrât, ce dernier ne fit autre réponse sinon qu'il le falloit encore retenir pour le confronter avec ladite maréchale. Mais Modène-, l'ayant été visiter à la Bastille, et, après force honnêtes paroles, assuré qu'on ne le retenoit qu'à ce dessein, Barbin lui ayant répondu là-dessus que, quelque mauvaise volonté que cette dame eût eue contre lui et quelque mal qu'elle
évêque de Nantes, et, en 1635, évêque de Lisieux; il mourut le 8 mai 1646.
1. Cet endroit, où l'on exposait les corps des suppliciés, était situé sur une érainence entre les faubourgs du Temple et Saint-Martin. — II n'est parlé des duels que dans la pi^emière moitié de la harangue de l'évêque d'Aire, dont le texte est donné en entier par le Mercure français, p. 74-85; ce paragraphe des Mémoires résume le Mercure français.
2. François Raymond, baron de Modène au Comtat-Venaissin, était lié avec Luynes et estimé de Louis XIII, qui lui donna le gouvernement de Fougères en 1617, l'envoya ambassadeur en Savoie en 1618, et le nomma conseiller d'Etat et grand prévôt de France en 1621; disgracié en 1626, il mourut en 1632.
eût voulu lui faire, il se sentoit si fort son obligé qu'il eût voulu par son sang la pouvoir racheter de la peine où elle étoit , mais [que] , puisqu'ils étoient tous deux dans ce malheur qu'ils ne pouvoient éviter, il auroit un grand désir de se voir devant elle pour lui demander quels témoins elle vouloit produire contre lui pour soutenir qu'il vouloit empoisonner la Reine, comme nous avons dit ci-dessus, cette réponse, qui témoignoit une affection sincère de Barbin vers elle, leur fit craindre que leur confrontation servit plutôt à faire paroître l'innocence de l'accusée qu'à aggraver les crimes qu'on lui mettoit à sus, de sorte que, sans en venir là, ils poursuivirent son procès; ce que Barbin sachant, il dit avec beaucoup d'aigreur à Modène, qui le venoit voir bien souvent pour essayer à découvrir toujours quelque chose de ses discours, qu'on avoit raison de ne le point confronter à elle, d'autant que, hormis les fantaisies qu'elle avoit eues contre lui, il ne pourroit jamais rendre qu'un témoignage fort honorable d'elle.
Enfin, son sexe et sa condition ne l'ayant pu garantir de la rage de ceux qui, pour s'approprier son bien, se vouloient défaire de sa personne, par arrêt du 8® juillet, ils la déclarèrent, son mari et elle, criminels de lèse-majesté divine et humaine, pour réparation de quoi condamnèrent la mémoire du défunt à perpétuité, et elle* à avoir la tète tranchée sur un échafaud, et son corps et sa tête brûlés et réduits en cendres^, leur maison près du Louvre
1. Le mot elle a été substitué par Sancy sur le manuscrit B aux mots : la maréchale sa femme.