Il était mort en février
dernières visites eurent besoin de l'intervention de la Reine pour empêcher les dernières extrémités.
Elle vouloit s'en aller hors le royaume ; il n'en vouloit point partir, disant souvent qu'après avoir été ce qu'il étoit en France il n'y avoit que la casa di Domine de meilleure^ et où il pût vivre à son goût. Il ne fit quasi aucun bien à ses parents ni à ceux de sa nation, afin qu'on vît que tous ses sentiments naturels étoient étouffés par ceux qu'il avoit pour la France.
Le médecin juif avoit préoccupé son esprit, mais moins que celui de la Reine et de sa femme, qu'on les vouloit assassiner par la vue et empoisonner par des regards. Leur manie en vint à tel point qu'ils ne regardoient que peu de gens et vouloient encore être regardés de moins.
La passion du jeu étoit son seul divertissement, les dernières années de sa vie; celle de l'amour n'y paroissoit point; il étoit rompu par deux hernies, de telle façon que la vertu ne faisoit aucune partie de sa chasteté. Il étoit naturellement libéral, d'agréable conversation, recevant à manque d'affection en ses particuliers amis si le respect bornoit la familiarité; ses domestiques ne le voyoient jamais que maître et peut-être plus aigre qu'il ne convient pour en être aimé; mais il a eu cette bonne fortune que ses gens l'ont toujours aimé avec grande fidélité.
Les vices de sa nation n'ont point paru en lui; l'assassinat de Prouville^ fut plutôt toléré que permis,
1. L'original donne la vraie leçon : « Il n'y avoit que la casa de Domine Dio meilleure. »