‹ MémoiresChapitre 93 sur 172 · Tome T, p · texte numérisé non relu

Tome T, p

vl puis ce ne seroit pas une question peu problématique de disputer qu'un sergent-major d'une place comme la citadelle d'Amiens, qui a intelligence avec les ennemis de celui qui l'a mis en charge, peut être traité justement du poignard*.

Quant^ à la maréchale, elle s'appeloit Leonora Gaï et changea de surnom pour déguiser la bassesse de son extraction, laquelle, étant obscure, facilita ce changement sans qu'on s'en aperçût. Elle étoit fille d'un menuisier; sa mère fut nourrice de la Reine, de laquelle partant elle fut sœur de lait, plus âgée qu'elle de quinze ou vingt mois, et nourrie dans le palais auprès d'elle. Avec l'âge crût leur amitié : la fidélité, le soin, l'assiduité de Leonora à servir sa jeune maîtresse n'avoient point de semblable; la tendresse de la reconnoissance de la princesse vers sa servante en avoit encore moins; aussi se rendit-elle si adroite et si savante en toutes les propretés et gentillesses dont la jeunesse des filles se pare et orne ses beautés, qu'il sembloit à sa maîtresse qu'elle étoit seule au monde et qu'elle n'en pourroit jamais recouvrer une telle si elle la perdoit^.

1. Ici se termine le document de la main de Cherré. L'abbé Le Grand, qui a catalogué les papiers du cardinal (voyez Rapports et notices, 1. 1, p. 316-317), a écrit au dos de cette pièce : « Portrait et éloge du maréchal d'Ancre. »

2. Dans les pages qui suivent, consacrées au portrait de la Galigaï, le l'édacteur des Mémoires s'est inspiré d'un document qui se trouve aux Affaires étrangères, France 771, fol. 95-100, et qui est de la main d'un scribe dont nous avons rencontré quelquefois l'écriture dans les papiers de Richelieu ; on le trouvera ci-après en appendice.

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