C'est-à-dire Luynes
4. La dernière partie du paragraphe, depuis « Autant m'en écrivoit Déageant », est tirée de l' « Extrait des lettres de Monsieur de Béziers à la Reine et à Monsieur de Luçon », écrit par Charpentier pour les Mémoires. L'extrait employé est tiré
La Reine, d'autre côté, me pressoit de la retourner trouver, d'autant que le sujet sur lequel étoit fondée la lettre du Roi étoit faux; mais je ne le voulus pas faire, parce que je savois que cela eût été préjudiciable à son service, et voulus montrer l'exemple d'une obéissance parfaite pour leur faire juger par elle la sincérité de mes actions précédentes.
Les six mois restants de l'année, je les passai en perpétuelles attaques de calomnies et fausses suppositions contre moi, tant ({u'enfin ils restreignirent mon exil dans mon évêché.
J'espérois, en cette rencontre, recevoir de l'assistance du maréchal de Vitry, que j'avois obligé fraîchement, quinze jours avant la mort du maréchal d'Ancre, et il me l'avoit promis. Mais il arriva que, le sieur de Luynes ayant eu volonté d'avoir la capitainerie de la Bastille, qui étoit à la Reine, mais que Vitry désiroit, comme y ayant déjà un pied par la lieutenance qu'il y avoit, je crus qu'il étoit pour le service de la Reine que, cédant au temps, elle donnât contentement à Luynes ^ Vitry eut tant de ressentiment contre moi de ce qu'il sut que j'y avois contribué quelque chose, que non seulement par après il ne fut
d'une lettre de l'évêque de Béziers à la Reine, écrite de Fontainebleau, le 23 juin ; quelques lignes de l'Extrait ont été corrigées au point de vue du style par Sancy.
1. Richelieu en donna par écrit l'assurance à Luynes (lettre écrite vers le 12 mai 1617 et publiée par Avenel, t. VII, p. 389). Un extrait de cette lettre a été fait par Charpentier (France 771, fol. 385). Dans une minute de lettre à Déageant (dont un extrait a été donné par Charpentier au folio 399 du volume France 771), Richelieu écrit : « On me mande que M. de Vitry est fort animé contre moi et que le sujet qu'il prend est une
plus mon ami, mais, comme si je lui a vois fait une grande offense, il s'intéressa dans tous les moyens qui s'offrirent d'avancer ma ruine ^.
Tandis que j'étois à Goussay, il arriva que, le P. Arnoux* ayant fait un sermon devant le Roi^ contre la confession de foi des huguenots, les quatre ministres de Charenton ^ firent un écrit qu'ils adressèrent au Roi, par lequel, sous ombre de se défendre de ce que le P. Arnoux avoit dit contre leur hérésie, ils parloient au Roi avec des paroles bien éloignées de ce qu'un prince catholique peut souffrir de ses sujets, et disoient beaucoup d'injures et faussetés contre l'Église de Dieu. La justice séculière en prit quelque connoissance, et le Roi, par arrêt de son Conseil du 5® août, supprima cet écrit et fît défenses aux ministres de lui en adresser jamais aucun à l'avenir sans sa permission^.
lettre que je vous ai écrite; je ne le puis croire, sachant bien que mes lettres sont en bonnes mains étant es vôtres et que je ne vous ai rien mandé sinon sur le sujet de la Bastille; ce qui étoit arrêté entre nous » (France 771, fol. 294).
1. Le souvenir de ces procédés ne fut peut-être pas étranger à la disgrâce du maréchal de Vitry, que le cardinal de Richelieu, alors devenu tout-puissant, fît enfermer à la Bastille le 27 octobre 1637.
2. Jean Arnoux, jésuite, né à Riom, confesseur du Roi de 1617 à 1621, mort à Lyon en 1636.
3. Après les mots « devant le Roi », le reste du verso du fol. 369, dans le manuscrit B, a été laissé en blanc. Peut-être le copiste avait-il ménagé la place nécessaire à un résumé de ce sermon ?
4. Ces quatre ministres s'appelaient Montigny, Dumoulin, Durand et Mestrezat. Leur écrit était intitulé : « La défense de la confession des églises réformées de France. »