tome iv. ia
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« souvent longues à conduire à leur perfection > « sujettes à mille incidens imprévus qui deviena nent matière à chicane, et je crois très prudent « d'en référer à un roi éclairé et formé à l'école a du malheur. Le gouvernement provisoire , à « l'époque où Moreau en étdit d'avis, pouvait être « un mal nécessaire; mais à présent les temps ne « sont plus les mêmes , et je suis persuadé qu'il « eût renoncé à ce plan et aurait eu d'autres « vues. La légitimité ne peut être contestée, et a sa reconnaissance seule en prouve le droit et y a fait rentrer par la force de son principe celui a en qui elle réside..... Voilà Buonaparte à Paris <r et les débris de son armée en France : nous « allons voir ce qui en résultera. Je crois qu'il cf tire à sa fin ; mais il y a de longues agonies , et « elles sont souvent accompagnées de convul- « sions..... »
En réponse à ma lettre du 27 novembre, pleine d'espérances, le duc s'exprimait ainsi x : « Je partage « absolument votre espoir et votre façon de pence ser : rien, en effet, n'est plus frappant que le « changement d'opinion des personnes dont vous « me parlez, de même que la diversité des nuance ces dans la manière de s'expliquer. Je crois aussi
1 Lettre du a 8 novembre.
« l'homme aux abois : le changement total de mice nistère , la confiance entière donnée à M. de « Caulaincourt , la mission qui est donnée à M. de « Talleyrand, tout cela est un signe de détresse, « un préliminaire cP a go nie. Il me tarde bien dans « ce moment de voir arriver Perlet; mais le pour-
« ra-t-il? »
On sent combien il importait d'avoir des informations exactes sur l'état intérieur de la France et sur la disposition des esprits. Je m'adressai à mon ami M* Gilles, négociant de Paris, dont j'ai déjà parlé , et qui était revenu depuis peu en Angleterre. Je le pressai de donner au Roi un ta~ bleau de V esprit public et de la situation de la France à cette époque. Il s'en acquitta si bien , que M. le duc d'Havre, dans la lettre qu'il m'écrivit à ce sujet % s'en exprima en ces termes :
« Sa Majesté a été très satisfaite du compte rendu « par votre ami , de la situation de Paris et de la «France; il s'est trouvé conforme à divers ta- « bleaux qui lui avaient été présentés. Elle a été « fâchée du silence de Perlet , qui lui paraît d'au- « tant plus singulier qu'il avait annoncé des choit ses qu il est extraordinaire qu'il ne justifie pas. « D'après les rapports de M. Gilles, il est aisé de
1 Lettre du 2 février 181 4* O
« conclure que Ton a bien dans l'intérieur le» « éléihens d'un parti dans les gens bien pensanà, a et dans les mécontens, mais rien d'organisé; « point de cadres prêts à remplir comme l'avait
« promis Përlet, etc » Sa Majesté fit remercier
M- Gilles par M. le duc d'Havre , qui m'écrivit de lui témoigner toute la satisfaction du Roi.
Cependant aucune des personnes envoyées de Londres en France, par le cabinet de Sa Majesté, dans le courant de i8i3 , n'avait rien pu faire de décisif dans les intérêts des Bourbons. Le Roi , qui jugeait mieux des événemens , avait fait partir pour Bordeaux M. de Perrin , muni de nouvelles instructions , et porteur d'un billet de sa main pour les chefs dés royalistes bordelais ; ce billet était conçu en ces termes : II tarde au meilleur des pères de se trouver au milieu de ses enf<xn$.
Les événemens se pressaient ; la défaite de Napoléon à Leipsick avait fait reculer vers les anciennes limites de la France les débris des armées françaises qui avaient pris Vienne , Berlin , Moscou et Madrid. Dès-lors on prévit que le dominateur déchu serait condamné à défendre à son tour le centre de son empire et lefc approches de sa propre capitale. En effet, les monarques alliés, réunis 4 Francfort , prirent la résolution énergi-
que de faire passer le Rhin à trois cent mille hommes de feors troupes, afin de h* diriger dans une opération commune. Aussitôt qu'on en eut avis à Londres, il ne resta plus dans le cœur des vrais amis du Roi aucun doute sur la chute prochaine de l'usurpateur.
S' abouchant par ordre du Roi avec M. Rollac, le comte de Blacas lui dit que le temps était venu où les renseignemens positifs devenaient indispensables pour faire connaître au gouvernement anglais les véritables ressources du Roi dans Bordeaux; que ce gouvernement en avait besoin pour envoyer au duc de Wellington des instructions et même des ordres précis à cet égard. M. Rollac répondit qu'il était assuré que ses amis les royalistes de Bordeaux ne feraient aucun mouvement sans la présence d'un prince de la maison royale , et qu'ils ne cessaient d'en faire la demande. « Le Roi , répliqua M. dé Bla- « cas , s'en occupe sérieusement ; et voilà pource quoi il est si important de faire connaître au « duc de Wellington toute l'étendue de nos «moyens dans cette partie de la France. Ce gère néral saura alors comment il devra seconder « le mouvement royaliste, qui aura lieu dès qu'on « apprendra l'arrivée d'un prince sur le territoire « français. »
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Les mesures adoptées par le Roi furent confidentiellement communiquées au gouvernement anglais, par le ministre du Roi, comte de la Châtre \ Le Roi eut alors la très heureuse idée de faire passer aux principaux fonctionnaires de Napoléon l'engagement par écrit de légitimer tous les rangs et de consolider toutes les fortunes. En conséquence, M. de Blacas remit à divers émissaires dirigés sur Paris la déclaration suivante :
« Le Roi ne voulant négliger aucune occasion a de faire connaître à ses sujets les sentimens « dont il est animé, me charge de donner, en son
« nom, à N , toutes les assurances qu'il peut
« désirer. Sa Majesté sait tout ce que N..... peut « faire pour son pays, non seulement en contri- « huant à le délivrer du joug qui l'opprime, mais « en secondant un jour de ses lumières l'autorité « destinée à réparer tant de maux* Les promesses « du Roi ne sont au reste que la suite des enga- « gemens qu'il a pris à la face de l'Europe, et « qui ne lui laissent qu'à oublier les erreurs, ré- « compenser les services , étouffer les ressenti- « mens, légitimer les rangs, consolider tes for- « tunes, à n'occasionner, en un mot, que la pai-
« Depuis, duc de ta Châtre..
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« sible transition des calamités et des alarmes « présentes au bonheur et à la sécurité à venir.
« Hartwell ( comté de Buckingham ) , i er déftcembre i8i3.
« Signé , le comte j>b BLÀCÀS D'ÀULPS. »
Dans ces circonstances, je faisais des courses fréquentes à Hartwell pour le service du Roi J'y conduisis vers cette époque M. Lewis Gotdsmith , auteur d'une Histoire secrète du cabinet de Saint* Cloud, dont je me garderai bien de faire l'apologie. On sait qu'après avoir voyagé dans différentes contrées , il servit quelque temps Buonaparte comme agent secret , et qu'en 1 809 , étant retourné en Angleterre, il y fut arrêté et détenu à Tottilfield ;prison / qu'enfin il ne fut mis en liberté qu'après avoir donné caution, et même des renseignemens très importons. Il écrivait alors avec la plus grande violence contre Buonaparte , dans son Anti-Gallican , gazette qui, il faut le dire, rectifiant et ramenant l'opinion de ses compatriotes, égarée par l'esprit révolutionnaire, les disposa en faveur de la cause des Bourbons. Luimême étant venu m'assurer qu'il était dévoué aux princes de la maison royale, je n'hésitai pas de le conduire à Hartwell. Là, il donna des détails relativement à ce qu'il savait des tentatives d'empoi-
sonneraent qui avaient eu lieu à Varsovie , sur le Roi et sur sou auguste famille. Il avait aussi une mission qu'il disait tenir d'un ami du maréchal Soult, alors opposé au duc de Wellington, sur l'Àdour et sous Rayonne.
Dans mes courses répétées à Hartwell, je m'aperçus aisément que M. de Blacas , qui aspirait à être le seul pivot des affaires secrètes du Roi , était jaloux de la confiance que Sa Majesté ne cessait de témoigner à M. le duc d'Havre. Sortant un jour de la chambre du Roi , il me demanda à plusieurs reprises ce que j'avais apporté à Sa Majesté ; mais comme le Roi m'avait ordonné de ne communiquer avec lui que par le seul intermédiaire de M. le duc d'Havre, je répondis à M. de Rlacas « que M. le duc d'Havre lui rendrait compte « sans doute de cette communication r » sachant bien que le duc n'avait aucun compte à lui rendre.
Cependant la nouvelle étant parvenue au cabinet britannique que , le a i décembre , les alliés avaient passé le Rhin depuis Baie jusqu'à Schaffouse, avec six divisions fortes de plus de cent mille hommes, lés ministres se montrèrent encore plus disposés à seconder efficacement les vues de Louis XVIII. Le retour de M. de Perrin à Londres, son rapport sur l'organisation militaire et secrète à Bordeaux, la démande pressante
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et constamment répétée d'un prince de la maison royale, les progrés du duc de Wellington, qui* déjà maître des Pyrénées , était campé à la vue de Bayonne, tout porta le Roi, qui ne perdait de vue aucune des scènes de ce grand drame, à ne pas différer de faire passer le duc d'Angoulême à l'armée alliée du Midi. La présence de ce prince devait prouver à toute la France l'harmonie qui existait entre le Roi et le gouvernement britannique , et ne plus laisser de doutes sur la possibilité du rétablissement des Bourbons.
Le 12 janvier i8i4, le duc d'Angoulême fit voile pour les Pyrénées, et le comte d'Artois pour la Hollande, afin de se rendre de là en Suisse. F Quant au duc de Berry, qui brûlait de devancer
les princes sur le sol de la France, il s'était déjà i rendu à l'île de Jersey, pour être plus à portée
des royalistes de la Normandie. De projets en projets, d'espérance en espérance, plusieurs intrigans de Paris avaient amené les plus zélés partisans du Roi à regarder comme possible, et dans l'intérêt des Bourbons , le débarquement de Son Altesse Royale sur les côtes de cette province, où l'attendaient , disait-on , quarante mille : hommes bien armés et équipés, mais qui ne voulaient éclater que lorsqu'ils auraient à leur tête un prince français pour marcher sur Paris.
Autorisé par le Roi, par M. le duc d'Havre et par le ministère anglais , je me rendis à Jersey et à Guernesey, pour y établir, d'accord avec le prince de Bouillpn, comme le projet en avait été conçu, des communications avec les côtés de France, à l'effet d'y assurer des moyens de passage , et en même temps de faciliter la correspondance. J'avais encore un autre dessein qui m'était personnel, et qui se rattachait aussi aux grands intérêts du moment. M. Gilles avait été chargé par le duc d'Havre , et particulièrement autorisé à employer tous ses moyens pour me procurer à son arrivée en France , de M. Desmarets , un passe-port qui me permît de passer moi-même à Paris, accompagnant mon frère le capitaine, qui, malade, désirait par là éviter la traversée par la voie de Morlaix. Muni de ce passe-port, j'aurais eu la facilité, étant à Paris, de juger dans les vingt-quatre heures à quoi tenait le fameux comité royaliste dont Perlet, depuis plusieurs années, entretenait S. M, Louis XVIII*
Dans toutes ces opérations, j'étais sûr d'être parfaitement secondé par le prince de Bouillon , avec qui j'étais en correspondance intime. Par sa lettre du i4 décembre, il m'avait chargé de faire agréer l'assurance de ses sentimens à M. le duc d'Havre, « et, ajoutait-il, l'assurance de mon
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« profond et loyal dévoûmeot à son auguste « maître, qui est pour moi toujours le centre des «c véritables intérêts de l'Europe , et sans la res* * tauration de l'autorité duquel , et de son au* «guste maison, je ne vois pour le monde .point « de salut. »
A la veille de mon départ pour le joindre , je reçus de lui. une autre lettre écrite de Bagatelle* Jersey, sous la date du 17 janvier, dans laquelle il s'exprimait en ces termes : « Quelles excellentes c nouvelles nous parviennent de tous côtés ! Le « traité avec l'Autriche, conclu par lord Aber- « deen, et qui, j'espère, sera confirmé par lord « Castlereagh, doit nous rassurer sur les inquiète tudes qu'on a eues un moment sur la vacillation « de cette puissance. Il est arrivé ici hier deux «prisonniers échappés de France, capitaines de cebâtimens marchands, gens intelligens, qui rap- « portent qu'on parle ouvertement, dans les pays «qu'ils pnt traversés la semaine dernière (les « provinces voisines) , de la chute prochaine de «l'usurpateur, et du rétablissement des Bour- « bons, qu'on ne se cache plus de nommer hau- « tement comme le seul espoir de la France , et « qui fait refrain aux palinodies qu'on chante « universellement.... »
Je fis voile d'abord pour Guernesey avec mon
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ami M. Gilles , dans le but d'y organiser définitivement, et le plus promptement possible, la correspondance , que Perlet , manquant à ses promesses , ne faisait point lui-même au moment où nous y attachions le plus de prix. Là nous trouvâmes trois négocians français , ou se disant tels, et qui étaient porteurs de licences. L'un se nommait le capitaine Desbayes ; un autre était cousin du fameux Barrère , et portait le même nom; le troisième, dont le nom m'est échappé, était un homme fort âgé et à cheveux blancs. M. Gilles se mit naturellement en rapport avec eux, A peu de jours de là, ayant dîné tous ensemble , nous sortîmes pour aller npus promener sur la plage : le temps était assez beau. Là, ces messieurs s'étant assis , je restai debout, et leur parlai de la guerre et des affaires publiques avec l'accent de ma franchise accoutumée. Je parlais à des Français auxquels j'aurais voulu inspirer les sentimens dont j'étais animé moi-même, lorsque mon ami Gilles, se levant et marchant derrière ses trois compatriotes, mit le. doigt sur la bouche en signe de silence. Je changeai de conversation, et prenant ensuite congé, de ces messieurs, je m'éloignai avec M. Gilles, qui, s?ouvrant à moi sur le résultat de ses observations , me parla très sérieusement du danger que courrait
M^ le duc de Berry, s'il se hasardait de débarquer sur la cote de France. Il savait positivement, me dit-il, que le capitaine Deshayes se tenait constamment sur le tillac de son navire , de rechange avec son second, et sa lunette marine toujours braquée dans la direction de la ligne de Jersey, d'où le prince devait mettre à là voile. A ce6 mots, je fus saisi d'une crispation violente, qui me mit hors d'état de rien articuler. D'autres renseignemens que me communiqua M. Gilles, achevant de me convaincre, je vis clairement que tout ce qui avait été annoncé et promis n'était que perfidie et mensonge; je reconnus de plus que le prince n'était, aux yeux de la police de Paris, qu'une nouvelle victime que le ministre de là police attendait avec impatience pour l'offrir en holocauste à son maître.
Je me déterminai , dans la soirée même , à prendre le paquebot pour me rendre à Jersey, chez le prince de Bouillon , à qui je fis part immédiatement de l'objet essentiel qui m'amenait en toute hâte. Le brave prince me dit avec effusion : « Mon cher Fauche , je pense comme vous ; «t et d'après les renseignemens que j'ai moi-même «de la côte, si le duc de Berry débarque, il ne « fera pas dix pas sur le territoire français sans «être pris et fusillç : l'identité de sa personne
i< une fois reconnue, suffira* Je vais en causer à «l'instant même avec le gouverneur militaire, « afin de pouvoir modérer l'impatience du prince « et de ses aides-de-camp , et de vous donner le «temps de vous rendre instantanément à Londres «auprès du secrétaire d'Etat, lord Castlereagh , « pour que je reçoive le plus tôt possible, par lé « télégraphe , Tordre que je sollicite d'empêcher « un pareil débarquement. »
Je ne perdis pas une minute, et le surlendemain j'arrivai à Londres. Je fus de suite chez le sous-secrétaire d'État, M. Gooke, qui me dit : « Nous partageons ici vos appréhensions , mon <c cher M. Fauche , sur les dangers que peut « courir le duc de Berry ; mais que voulez-vous ? « Quand nous refusons aux princes français les « facilités de débarquer sur les côtes dé France , a on dit que nous nous opposons à leur rétablisa sèment ; et si nous cédons à leurs instances , et « qu'eux-mêmes ou leurs serviteurs fidèles vien- « nent à périr, on nous fait le reproche de les avoir « sacrifiés, comme on nous l'a fait pour l'expédi- « tion de Quiberon. Toutefois, entre le premier re- « proche et ce dernier, le choix n'est pas douteux. « Nous devons mettre avant tout notre responsa- « bilité à couvert. Je vais monter chez lord Castlë- « reagh , et je ne doute pas qu'il ne voie' comme
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<t vous et moi. » En effet, ce ministre ne tardant pas à descendre , me dit en passant : « Attendez* «moi, M. Fauche, je connais votre affaire; je «vais de suite chez ie Prince-Régent, et je ne « doute pas que je n'apporte l'ordre d'empêcher « le débarquement du Duc. » Effectivement, le télégraphe transmit au prince de Bouillon l'ordre si impatiemment attendu.
De son côté M. le duc d'Havre , dans ses réponses des 17 février et 2 mars 181 4, me dit que mes notes relatives aux craintes que j'avais conçues, et qu'il partageait, sur le départ de M. le duc de Berry, avaient été mises sous les yeux du Roi, et que Sa Majesté y avait vu une nouvelle preuve de mon zèle et de mon dévoûment aux intérêts de sa maison; qu'en effet, il serait imprudent de confier une tête aussi chère à un si faible noyau de royalistes.
Je puis le dire avec l'orgueil d'un cœur pénétré des mêmes sentimens. Sans cette opposition dç ma part qui sauva la vie à M*r le duc de Berry, nous n'aurions pas aujourd'hui l'espoir de la France dans la personne de S. A. R. le duc de Bordeaux. On savait alors à Paris jusqu'aux noms du capitaine et du vaisseau sur lequel le duc de Berry devait faire la traversée. Il était évident pour nous que le prince n'y ét$ut attendu que par
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des pervers qui voulaient le sacrifier. Les personnes qui, en Angleterre, l'excitaient à cette tentative , étaient beaucoup trop égarées par ce zèle ardent et loyal qui ne soupçonne point les embûches. *
Tous les avis que je recevais directement ou indirectement, et qui pouvaient intéresser la cause des Bourbons , je les transmettais en toute hâte à M. le duc d'Havre pour qu'ils fussent communiqués au Roi. J'en usai de même envers M. le comte de Blacas, qui était venu à Londres dans le courant de février. Voici la réponse qu'il m'avait fait l'honneur de m'adresser de Dorset-street, PoTtman~square> sous la date du ia février 1814.
<c Je remercie M. Fauche de la lettre qu'il a eu « l'obligeance de m'adresser , et je le prie de « vouloir bien continuer à me transmettre , soit « les avis qui lui seront donnés , soit les nouvelles « que son ami recevra de Paris. L'état de crise a dans lequel nous sommes , augmente l'intérêt « de tous les rapports qui nous viennent de l'in- « térieur : Dieu veuille que la France songe bience tôt au seul moyen qui lui reste de détourner « tous les fléaux auxquels elle est en proie.
« Je compte partir pour Hartwell , ou ce soir, a ou demain de très bonne heure, et je me charce gérai avec plaisir des lettres de M. Fauche pour
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« M. le duc d'Havre. Point encore de nouvelles « de Monsieur, ni de M*" le duc d'Angoulême. » L'ami que désignait M. de Blacas était M. Gilles, qui m'avait donné l'éveil par d'utiles avertissemens. Il ne me perdit pas de vue à sa rentrée en France, qui eut lieu vers la fin de février. Il alla de suite solliciter auprès de M. Desmarets , comme il l'avait promis à M. le duc d'Havre et à moi , le passe-port avec lequel j'espérais pouvoir m'arrêter vingt-quatre heures à Paris, dans les intérêts du Roi. Mais M. Desmarets refusa de délivrer le passe-port, en disant qu'il ne voulait pas être la cause de ma perte , puisque les ordres de l'empereur Napoléon portaient de me faire fusiller partout où je serais trouvé sur le territoire français; que d'ailleurs il savait bien que je ne viendrais pas de Londres à Paris, sans être chargé de missions secrètes , tant de la part des princes français que du gouvernement anglais. Alors M. Gilles, pour le dissuader à mon sujet, l'assura que je ne voulais plus me mêler d'affaires politiques; que je désirais seulement aller dans le sein de ma famille pour y rétablir mes affaires abandonnées depuis long-temps ; et à l'appui de son assertion , il lui raconta la scène qui s'était passée à ma table, et à laquelle les propos si peu mesurés de M. de»L avaient donné lieu,