TOME IV
«et ensuite renvoyé ignominieusement d'un pays « allié de Votre Majesté , où je m'étais rendu , « chargé de ses dépêches.
« Sire , je réclame la puissante protection de « Votre Majesté. Innocent de tout ce dont on ose « m'accuser, je proteste qu'aucune de mes ac- « tions , aucune de mes paroles , aucune de mes « pensées n'a pu donner lieu à cette accusation , « encore moins justifier le traitement indigne que « j'ai essuyé.
a Je demande à connaître d'une manière préce cise les inculpations dont je suis l'objet , et à « pouvoir me justifier aux yeux de Votre Majesté, « à ceux du roi de France et de l'Europe entière.
«Je suis prêt à soumettre ma conduite à l'exa- « men le plus sévère : c'est le seul prix que je te réclame pour vingt années de travaux, de dé- « voûment et de sacrifices, et il ne saurait m'être « refusé»
« Le plus juste et le meilleur des rois ne sotif- « frira pas que l'on ravisse arbitrairement, à l'un a de ses fidèles sujets, l'honneur et la réputation, «c et qu'on le laisse entaché d'odieux soupçons, qui « lui rendraient désormais la vie insupportable.
« Innocent, je dois être justifié; si je suis couce pable , je dois subir une punition terrible , et «digne de la plus infâme des trahisons.
DE FAUCHE : BOREL. 3fy
« Daignez, Sire, accueillir ma juste demande; « et que je puisse , après avoir dévoilé la calora- « nie et sauvé mon nom de l'ignominie, consacrer « le reste de mes jours au service de mon Roi et « de ma patrie, sans avoir à rougir aux yeux de « mes concitoyens d'un crime imaginaire.
« Je suis avec le plus profond respect,
« De Votre Majesté,
« Le très humble , très obéissant et très « fidèle serviteur et sujet,
« Signé, Louis FAUCHE-BOREL.
« Vienne, le 20 mai 181 5. »
Mais un incident fort curieux vint avancer de beaucoup ma justification , en mettant tout-à-fait à nu la perfidie et la méchanceté de mes persécuteurs. Sur ces entrefaites, S. M. le roi de Prusse reçut la réponse de S. M. Louis XVIII à la lettre que j'avais été chargé de lui porter à Gand.
Il y était question de moi ; mais en quels termes, grand Dieu!
A la suite de la lettre dans laquelle le roi de France remerciait le roi de Prusse de l'assurance heureuse qu'il venait de lui faire parvenir, on fut extrêmement surpris de trouver un post-scriptum, que je reconnus être de la main de l'abbé Fleu-
34o MÉMOIRES
riel, le 'secrétaire intime et le complaisant de M, de Blacas. . Ce post - scriptum , uniquement dirigé contre moi, le voici : ce Quant à M. Fauchei<Borely il est vrai qu'il a eu notre confiance n pendant nombre d'années; mais nous croyons ce nous rappeler avoir lu sur les registres de la «police de Paris , qu'il y servait Buonapartey « qu'il y avait donné des notes contre la Prusse, « et qu'il avait prévariqué en Angleterre. »
Ce coup, au lieu de m'écraser, ne fit qu'ajouter à mon courage ; voici d'abprd comme je raisonnai. Les rois ne s'écrivent point par postscript tum$ l'étiquette ne le comporte pas». En supposant que cette fois Louis XVIII eût dérogé aux convenances, auxquelles ce prince tient plus que * tout autre , par un sentiment exquis de la règle et de l'usage, il est de fait que le post -scriptum. n'était pas de sa main. Qui donc a pu l'apposer? L'abbé Fleurie!, secrétaire intime et créature de M. de Blacas. Et par ordre de qui ? de M. de Blacas, et à l'instigation de M. de La Maisonfort, qui m'ont repoussé à Gand, appréhendé au corps, embastillé.
Ceux-là, craignant que le roi de Prusse ne demandât raison du traitement exercé envers son sujet et son envoyé, ont pris les devans, et m'ont accusé de trahison pour légitimer leur conduite..
Mais quelle inconcevable maladresse dans leurs atroces calomnies! quelle grossière inconvenance dans leur aveugle' méchanceté !
Faire dire par Louis XVIII, à Gand, qu'il a lu sur les registres de la police de Paris , ce serait avancer une assertion trop évidemment fausse; M. de Blacas lui-même, eût-il porté ses yeux scrutateurs dans ces registres , n'y aurait rien vu de pareil , comme on s'en convaincra tout à l'heure. Eh bien ! que fait-il dire au Roi? non qu 'il a lu , non pas même encore qu'il se rappelle avoir lu, mais qu'il croit se rappeler qu'il a lu; et c'est sur un nous croyons nous rappeler avoir lu, c'est-à-dire sur ce zéro , dernier résultat de deux soustractions progressivement diminutives de toute probabilité, que M. le comte de Blacas et M. le marquis de La Maisonfort fondent leur opiniâtre persécution contre moi ! '
Mais comment le ministre de la maison du Roi, comment M. de Blacas , qui doit être si bien au fait dé l'étiquette , n'a-t-il pas prévu que le postscriptum audacieux de son abbé Fleurièl, sur une lettre de Sa Majesté, ne pouvait manquer de trahir la fraude au premier coup d'oeil? M. de Blacas et son secrétaire intime ignoraient-ils que les rois ne s'écrivent point par post-scriptum; que tel n'est pas l'usage des souverains? Toute la
34a MÉMOIRES
chancellerie de Berlin à Vienne en fit la remarque. Le dirai-je? par son caractère d'interpolation , qui tendait à donner le change sué l'opinion du roi de France à mon égard , ce postscriptum fit naître des réflexions peu favorables à M. le comte de Blacas. Ce fut bien pis encore après l'avoir lu et examiné attentivement : que si l'on s'arrêtait aux trois chefs de l'accusation empruntés par une apparence de réminiscence incertaine des registres de la police de Paris, on découvrait d'abord que ces trois griefs étaient supposés ,' et que leur invention portait l'empreinte du ridicule et de l'ineptie. Était-il croyable que la police, de Buonaparte à Paris m'eût fait 9 dans ses registres , un crime d'avoir prévariqué en Angleterre , où c'eût été la servir à son gré que d'y commettre des prévarications? L'auteur de l'interpolation, qui était à Londres ainsi que moi , avait-il dolpc besoin, pour me reprocher des prévarications qui étaient censées commises sous ses yeux, avaitil besoin, dis -je, qu'à Paris même la police de Savary-Rovigo et Desmarets m'en accusât? C'est comme si l'on eût supposé que Buonaparte, encore à l'île d'Elbe , ou dans sa marche rapide de Cannes à Paris, eût trouvé mauvais que M. de Blacas dédaignât les avis qu'on lui donnait , afin qu'il prévînt, par d'efficaces précautions, une
aussi fatale entreprise, ou qu'il la fit avorter. Quant aux deux premiers griefs, c'est encore comme si le même Buonapqfte , toujours k l'île d'Elbe , eût accusé son fidèle et zélé Bertrand d'avoir servi le Roi et donné des notes contre Murat, pendant son -incroyable séjour à Paris, pei# de semaines avant le débarquement, lorsqu'il y concertait avec ses complices tout ce qui -devait se faire au mois de mars. Maliùa ipsa maximum partent veneni sui Mbit. *
On sera bientôt convaincu , par les registres même de la police , qu'ils ne contenaient rien de semblable contre moi. Mais l'accusation était positive , formelle , bien qu'elle fut glissée en fraude dans une lettre du roi de France.
Je n'hésitai pas de me présenter à mon souverain , qui tenait dans ses mains une pareille lettre, et de lui demander justice. «Sire, lui di^-je, « je suis couvert de vos bontés, Hjje vous dois la « vie. Si j'ai trahi vos. intérêts, ceux du roi de « France , ceux de l'Angleterre , si j'ai été aux « gages de Napoléon , si enfin je suis coupable de « ce dont on ose m'accuser, je suis le plus lâche « des scélérats; et il faut, il convient que Votre « Majesté, faisant justice d'un fhisérable, me fasse
1 Sénèque, épître 8&.
« pendre à soixante verges d'élévation ,• pour que « je serve d'exemple aux traîtres. Mais si je suis « atrocement calomqjé, Sire, justice aussi.— Non r « Fauche, me répond cet excellent roi, vous ne « serez pas pendu, et je vous donnerai tous les ê moyens de vous mettre à même de vous justice fier. Je ne serai pas deux fois vingt- quatre « heures à Paris, sans que je n'aie donné des or- « dres pour obtenir parfaite connaissance de votre « conduite politique , afin de vous faire rendre « justice ou de vous punir si vous le méritez. Jusce. que-là, allez à Neuchâtel y attendre ma déter- « mination à votre égard : nous serons avant le « mois d'octobre à Paris. » ■
Je sortis consolé de cette audience; et la lettre suivante , que daigna m'écrire le prince de Hardenberg, fut pour moi un témoignage irrécusable que je trouverais intérêt et justice , non seulement auprès <rife mon souverain, mais auprès de son principal ministre.
« Monsieur,
< Je n'ai pas cessé de rendre justice au zèle que, a depuis nombre d'années , vous avez montré « pour le service du Roi et pour la bonne cause,
1 On voit par là que la bataille de Waterloo n'a été qu'un incident, eu égard au plan de campagne.
« à laquelle vous avez sacrifié plus d'une fois vos « intérêts les plus chers. Je ne puis donc regarder « que comme une erreur , - ou comme la suite « d'une intrigue , le traitement que vous avez « éprouvé dans les Pays-Bas , et j'ai donné des « ordres aux ministres de Sa Majesté , près des « cours de Gand et de Bruxelles ,pour demander « une réparation publique du tort qu'on vous
a a fait. '
« Je vous renouvelle l'assurance de ma consi- « dération distinguée,
« Signé à us prince de HARDENBERG.
« Viençe, le 29 mai i8i5. »
Dans cette occurrence , je remis à M. le prince de Hardenberg une copie du Mémoire que je ve~ nais d'adresser à S. M* Louis XVIII, sur mes persécutions en Belgique. Ce Mémoire fut d'ailleurs officiellement envoyé à M. le comte de Goltz, ministre de Prusse auprès du Roi, et à M, le baron de Brockhause, qui l'était pareillement à Gand comme k Bruxelles. J'en remis également des copies à M. le prince de Talleyrand et à M. le vicomte de Chateaubriand , ainsi qu'à M** le prince de Condé. Malgré toutes ces précautions, je suis fondé à croire que Louis XVIII n'en eut pas connaissance , tant il était facile à mes deux
puissant ennemis d'intercepter ou de. supprimer rads justes réclamations.
Voici ce Mémoire , qu'il ne m'est pas permis de passer sous silence.
A S. M. Louis XVIlh
« Sire ,
« L'amertume de la douleur qui m'accable est « telle., que , sans le sentiment intime de ma parce faite innocence , et l'espoir de me justifier aux « aux yeux de Votre Majesté-, j'aurais eu peine à « supporter la vie. Je suis victime de la plus noire « intrigue , de la calomnie la plus odieuse.
« On m'accuse d'avoir trahi la cause de. Votre « Majesté , d'avoir été l'agent de Bùonaparte ! « Gomment Votre Majesté a -t- elle pu croire à « une pareille accusation ? Comment le généreux « Louis XVIII aurait-il pu tracer lui-même, en apos- « tillant, la lettre qui contient la condamnation et « l'ignominie d'un de ses plus fidèles et de ses « plus zélés serviteurs, sans avoir seulement voulu « ni l'interroger ni l'entendre ? Vingt années de « dévouaient et de sacrifices ne devaient-elles pas « lui obtenir au moins cette justice ou cette face veur?
« Quoi ! dans le temps où les serviteurs de Buo-
DE FAUCBE-BOREL. 347
« naparte étaient accueillis, caressés, employés, a honorés , un ancien serviteur de Vo^re Majesté «est rejeté, persécuté, emprisonné, chassé pu-» « bliquemènt, et honteusement compromis aux « yeux des souverains et des cabinets de l'Eu- « ropé ; il est exposé à la perte de- sa fortune et « de son honneur !
« Sire , je réclame la bonté et la justice de Votre « Majesté. Si je n'ai pas acquis le droit d'être au- -dessus de tout soupçon, j'ai au moins mérité « d'être écouté et jugé , et Votre Majesté ne peut « me proscrire et me déshonorer sans un examen «approfondi. «
« On m'accuse , dit-on , d'avoir trahi la cause de « Votre Majesté , et d'avoir servi celle de Buona- « parte. Vôtre Majesté, ajoute-t-on , s'en est assu-> « rée par les registres de la police. Non , Sire , « Votre Majesté n'a rien vu et n'a rien pu vpir de « pareil.
« Que mon nom se trouve sur les registres de « la police de Buonaparte, cela n'est pas étonnant « Constamment impliqué dans tous les projets « qui tendaient à renverser ce tyran d'un trône « usurpé, je fus toujours une victime désignée à « ses suppôts et à ses satellites. Arrêté ensuite > et «emprisonné au Temple pendant près de trois « années , je n'ai eu que trop de rapport avec la
}b$ MÉMOIRES
« police, mais c'était pour avoir servi Votre Malt jesté ; et je ne serais sorti du Temple que pour «aller à la mort, si le roi de Prusse, mon souve- « rain , ne m'eût protégé avec une généreuse sol- « licitude.
1 « Que l'on montre à Votre Majesté la moindre « trace d'une relation directe ou indirecte avec le « tyran ; que l'on montre à Votre Majesté le raoin- « dre vektige d'une gratification , d'une avance « ou d'un remboursement reçu de sa part !
« J'ai sans doute communiqué avec ses créa- « tures; mais c'était pour le service de Votre Ma-* « jesté , et en .vue de les ramener à leur devoir : « Votre Majesté ne l'a pas ignoré.
« Dernièrement encore , j'ai été en relation avec « un parti qui pouvait servir utilement la bonne «cause, et qui le voulait sincèrement. Mon zèle « et mes efforts tendaient à prévenir le malheur « qui est arrivé ; mais je n'ai pu aborder Votre « Majesté comme je l'abordais dans le temps où il « s'agissait d'exposer ma vie pour son service ; . a mes craintes, mes larmes, que l'événement n'a « que trop justifiées, ont été traitées d'illusions «et de chimères ; le tyran est rentré dans la capi- « taie, et moi j'ai été emprisonné et proscrit.
« Sire, si j'ai servi Buonaparte, je suis un scé- « lérat digne du dernier supplice. Pourquoi ne
k m'a-t-on pas arrêté à Paris pendant les dix mois « que j'y ai passes, ou pourquoi ne m'a-t-on pas « retenu à Gand pour y faire mon procès? Votre «Majesté, tous les souverains de l'Europe n'é- • « taient-ils pas intéressés à me démasquer ? Cornet ment me mettait-on en liberté, et me laissait-on « revenir à Vienne à la source de toutes les opé- « rations politiques et militaires ? Si je suis un « traître , je suis un insensé , car au lieu de me « réfugier auprès de Buonaparte , je me suis rendu « auprès de mon souverain , auquel je demande « justice, comme je la demande à Votre Majesté « elle-même.
« Ah ! Sire , daignez consulter les princes de « votre auguste maison ; daignez consulter suret tout l'illustre et vénérable prince de Condé , a sous les auspices duquel j'ai commencé la pé- « nible et dangereuse carrière que j'ai parcourue « depuis avec tant de zèle et d'ardeur. Ce prince, « qui a daigné me donner des témoignages de sa « bienveillance et de son estime, sera garant que « jamais Fauche-Borel n'a trahi Louis XVIU , l'ob- « jet de son affection , de son dévoûment et de « son respect.
« Non, Sire, je ne suis point coupable; toutes « ces accusations , aussi absurdes, qu'atroces, dont «je suis l'objet, sont des calomnies inventées
35o MÉMOIRES
« par mes ennemis acharnés T dans le but périt fide de me ravir la confiance et l'estime dont « Votre Majesté a daigné m'honorer, et qui ont «-tant de fois soulagé mes peines et soutenu. mon « courage , au milieu de mes longues adversités: « Oui , Sire, j'ose le dire avec vérité, les trois an- « nées de captivité que j'ai passées au Temple , « m'ont paru moins cruelles que les neuf jours de « mon emprisonnement à Gand et à Bruxelles. a Ma captivité au Temple était méritée : l'oppres- « seur me punissait d'avoir voulu servir Votre « Majesté ; et je souffrais avec résignation pour « une si belle cause, avouée par le devoir, par « l'honneur , par le suffrage de tous les honnêtes « gens. Mais mon emprisonnement à Bruxelles , a suite de mon arrestation à Gand, ordonné, ou « du moins consenti par un monarque que j'avais « servi avec tant de dévoûment et de zèle, est le « coup le plus affreux que j'aie ressenti pendant a le cours de mes pénibles et dangereux travaux. « J'aurai voulu mourir mille fois, si je n'avais eu « besoin de vivre pour sauver mon honneur et « celui de ma malheureuse famille. Ah! Sire, quel « plus grand mal Votre Majesté aurait-elle pu me « faire , quand elle aurait agi sous l'influence des (( agens mêmes de l'usurpateur de votre trône? « Sire , je demande justice à Votre Majesté , je
DE FAUCHE-BOREL. 36i
« la demande au nom sacrée de l'humanité ; je la « demande au nom de celui qui juge les Roi&i Je « demande que les chefs d'accusations intentées « contre moi , me soient communiqués ; je d* « mande d'être écouté dans ma défense et d'être « jugé par Votre Majesté. Que la punition la plus « exemplaire tombe sur moi, si je suis coupable ; a mais que je rentre. dans les bonnes grâces de a Votre Majesté 9 et que je recouvre mon honneur « compromis, si je suis innocent
« Je suis avec le plus profond respect, .
« Sire ,
« Le très humble , très obéissant « et très fidèle serviteur ,
a Signé, Louis FAUCHE-BOREL.
« Vienne, le it\ mai i8i5. »
Les grands événemens qui survinrent dispensèrent mes ennemis de Gand et de Bruxelles , de fournir les renseignemens demandés par mon souverain le roi de Prusse. Si l'on rapproche la date de la lettre du prince de Hardenberg , qui est du 29 mai , de la date du 8 juillet de la même année , époque où Louis XVIII remonta sur le trône, à l'aide des armées de toutes les puissances de l'Europe, on verra que les événemens aussi
35s MÉMOIRES
terribles que gigantesques qui se passèrent* dans le court espace de cinq semaines , purent seuls affranchir en effet mes puissans ennemis de Fobligation pénible où ils étaient de justifier aux yeux de mon souverain leur conduite i mon égard.
Mais les plus grandes injustices de la part des premiers agens du Roi, rue pouvaient ralentir mon . zèle. La sincérité , la franchise comme l'intrépidité de mon dévoûment aux intérêts de Louis XVIII, furent* les mêmes pour son second retour comme pour le premier. Dans les premiers jours de juin, étant revenu à Neuchâtel, plein de flatteuses espérances pour le succès de la cause générale , je me mis en devoir de concourir autant qu'il était en moi à la réintégration du trône, et je fus assez heureux pour y participer par quelques tentatives qui peut-être ne seront pas indignes de la mention de l'histoire.
DE