J.-B. SAY A AUG.-PYR. DE CANDOLLE, A GENÈVE
Paris, 1«r jain 1837. ' Mon ancien et bien cher ami,
Bientôt vous me direz mon vieux ami, car l'âge me gagne et chaque jour quelque infirmité nouvelle m'empêche d'oublier que je suis de 1767. J'ai fait avec grand plaisir la connaissance de votre fils
Recevez mes remerciements pour votre Organographie ; elle m'est pré. cieuse à double titre puisqu'elle me vient de vous et qu'elle contient beaucoup d'instruction. J'en ai lu déjà une bonne partie, et je suis de plus en plus firappé de l'analogie qui existe entre les sciences physiques et les sciences morales et politiques quand on en fait l'objet d'une analyse raisonnée, et qu'animé comme vous du seul désir de constater et de répandre des vé-
rites, on se borne à observer la nature des choses et ses conséquences. Ce sont vous autres physiologistes des corps vivants, qui avez appris à nous autres physiologistes de la Société (qui est aussi un corps vivant) la manière de Tobserver et de tirer des conséquences de nos observations; et c'est depuis lors que nous faisons quelques progrès. Qui vivra verra. Ce ne sera pas nous, mais c'est toujours quelque chose que de vivre dans l'avenir.
Ma femme et ma fille 0. me recommandent de les rappeler à votre
souvenir et à celui de Madame de Candolle. Portez-vous bien, l'un et l'autre, et jouissez longtemps de la plus honorable existence dans une des villes, non les plus grandes, mais les plus célèbres du monde.