M. DE CHATEAUBRIAND A AUG.-PYR. DE CANDOLLE
GenèTe, 15jain 183J.
J'ai été si heureux. Monsieur, d'assister à la touchante cérémonie des Promotions que je m'empresserai de profiter de vos nouvelles bontés en me rendant à la distribution des prix des arts. Vous m'avez fait infiniment trop d'honneur. Monsieur, en voulant bien vous souvenir de moi dans votre beau discours*. Vous me permettrez, j'espère, d'aller vous remercier chez vous et vous offrir, Monsieur, avec l'hommage de mon admiration, l'assurance de ma considération respectueuse.
Genève, 25 juin 1831.
On m'a remis, je suppose de votre part. Monsieur, un exemplaire de votre dernier discours sur l'état de l'instruction publique, et de votre Notice sur la longévité des arbres. J'ai une double raison de vous remercier de l'un et de l'autre pour votre extrême obligeance à rappeler mon nom. Ma passion pour les arbres a été ravie d'apprendre qu'ils vivent si longtemps et que j'ai peut-être offert mes hommages à quelque beauté de cinq
« M. de Chateaubriand avait été ému jusqu*aux larme* d'une phrase de ce discours. Eu la relisant je vois qu'elle ne contenait pas plus d'éloges qu'il n'en avait souvent entendu ; mais l'illustre écrivain était alors dans des circonstances malheureuses, et à Genève^ où ses opinions n'avaient jamais eu beaucoup de faveur, on l'accueillait avec de grands égards, à cause de son talent et de son noble caractère. Ainsi^ dans cette cérémonie des Promotions, il fut invité à marcher de l'hôtel de ville à la cathédrale, dans le cortège officiel, à la droite du chef du gouvernement (M. Rigaud)^ et on lui donna une place d'honneur parmi les autorités. Une foule immense approuvait et rehaussait de ses applaudissements ces témoignages de respect (Alph. de C.)
mille ans dans les forêts américaines ; mais je vois d'après cela que les oliviers de Jérusalem, tout vieux qu'ils me paraissaient, n'étaient que des bambins.
Agréez de nouveau, Monsieur, mes remerciements, mon admiration et mes compliments les plus empressés.
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^•iimauiL de sa irle tenus par l'auteur* Ses
ports de earaetère avee lilnné '• Hrl^tue de ses •pinlons en liotanique*
Mon père avait commencé à Pans, en 1798, un journal quotidien, dans lequel il écrivait tous les actes de sa vie, toutes les idées ou les informations qui lui arrivaient, sans égard à leur relation ou à leur importance. Il a rédigé de cette manière 15^ pages, du 21 vendémiaire an vu, au 10 messidor an viii. Il a cessé alors brusquement^ je suppose parce qu'il avait trouvé le plan mauvais, et en effet ce plan différait beaucoup de celui des notes mobiles (p. 494), dont il s'est servi plus tard, à sa grande satisfaction. Les renseignements scientifiques s'y trouvaient perdus dans une infinité de détails concernant sa personne ; il aurait eu de la peine à les retrouver, et n'aurait pas pu les employer sans perdre du temps à les copier. Le mieux aurait été peut-être d'inscrire en quelques mots dans un journal les événements de sa vie, et sur des papiers distincts chaque nouvelle scientifique ou chaque réflexion ayant quelque valeur et pouvant servir, une fois ou l'autre, dans un travail, en les classant selon les idées du moment.
J'ai retrouvé dans les feuilles du journal plusieurs des anecdotes contenues dans les Mémoires, et de temps en temps certaines expressions naïves de sentiment, ou des mots spirituels sur les événements du jour <]ui vous transportent, pour ainsi dire, à côté du jeune écrivain, déjà un aimable causeur. Le 4 frimaire an vu, par exemple, je lis : c La nation < française est comme un vieil habit qu'on a retourné ; les trous et les € fortes taches ne s'y volent pas moins et il n'est pas devenu neuf.i L'ouvrage de Tocqueville sur l'ancien régime se trouve amsi résumé soixante ans avant qu'il eût paru.
* J'ai parlé dans V Avant-propos des analogies qni 9^0^i$f^^ point de Tne scientifique.
Le 20 nivùse, mon père prit la fantaisie d'écrire son journal en latin. Gela dura trois mois, en dépit des difficultés incessantes qui se présentaient pour exprimer dans cette langue les choses ordinaires de la vie moderne. Une impatience très-naturelle lui foisait enjamber quelquefois ces difficultés en fabriquant un mot, ou en jetant des mots français dans son latin, c Astragalorum historiam indefessus continuavi. Delessert saepe <r vidi ut cum eo coUoquari possem de Soupis economicis Rumfordi in € Ltttetiâ instituendis. Micheli mihi communicavit les plans des fourneaux € et Senebier les détails de la manipulation. Laboravi ut prof. Pictet ad
< Corpus l^slativum promotus sit ; petitionem Senatui presentavi ; fhis-
< tra. Sed forsan ambo Pictet ad hoc corpus promovebuntur. Lacépède € hanc spem mihi dédit. Hodie cum illo multum disserui de Ichtyologiâ. € Est in votis obtinendi a ministre interne quosnam nummos ut in His- « paniam peregrinationem incipiam. Scopus esset plantas colligendi, re- € gionem parum cognitam describendi, nummos acquirendi , Sod» prae- € parationem noscendi. — Saepissime in bac décade amicam vidi. Sem- € per et semper amabilior mihi apparet, sed difficultates me terrent et € affligunt. » 11 craignait alors que son père ne s*opposât à son mariage, et tout désespéré, il fut sur le point de partir comme naturaliste, avec l'expédition autour du monde du capitaine Baudin, qui ne réussit pas du tout.
C'est dans la lecture de ces pages, destinées assurément à lui seul, que j'ai été le plus frappé des rapports de caractère de mon père avec Linné. De tous les grands naturalistes dont on connaît la vie, c'est celui auquel il ressemblait le plus. Vivacité, activité, passion de l'étude, passion innée pour la botanique, gaîté et bonhomie dans la conversation, amour-propre et susceptibilité sans dépasser les limites permises, sensibilité, imagination développée, mais réglée, haine des intrigues, désir de répandre ses opinions et par conséquent zèle extrême pour l'enseignement, grande mémoire, avec peu d'aptitude pour apprendre les langues, esprit d'ordre et de méthode, esprit de généralisation plutôt que d'analyse, clarté dans les idées, promptitude d'intuition et de décision, tout pela se retrouve, chez l'un et chez l'autre, à des degrés différents d'intensité pour chaque disposition ou faculté, mais de manière à produire par la combinaison beaucoup des mêmes effets. Voici de quelle manière Fabricius décrivait Linné. Si l'on m'avait lu le passage que je vais citer sans me dire de quel naturaliste il est question, j'aurais pu croire qu'il s'agissait de mon père. Sans doute il y a des mots qui ne s'appliquent pas très-bien, mais ils auraient pu être mis par une personne étrangère à sa famille qui ne
l'aurait pas connu d'une manière très-intime : c SaconversatioD était vire « et agréable ; il nous amusait du récit de beaucoup d'anecdotes relatives € aux naturalistes qu'il avait connus; il aplanissait les difficultés que nous € rencontrions dans le cours de nos études et nous âvorisait souvent de € ses instructions particulières. Dans nos entretiens, il n'était pas rare € de le voir éclater de rire : la galté brillait sur son visage, et son âme € se déployait avec une franchise et une liberté qui montraient son indi- « nation naturelle pour la société. 11 était petit de taille. Il avait l'air ou- « vert, presque toujours serein, et les yeux les plus spirituels que j'aie « jamais vus : ils étaient petits à la vérité, mais perçants au delà de toute « expression ; leurs regards lisaient jusqu'au plus profond de mon âme. € Il avait l'âme noble, l'esprit vif et fin. Toutes ses actions étaient ré- « glées avec ordre et pour ainsi dire systématiques. Il avait eu dans sa « jeunesse une mémoire prodigieuse. Son cœur était ouvert à toutes les « impressions de la joie ; passionné pour la société, il aimait beaucoup la « plaisanterie ; il était gai et aimable dans la conversation ; il avait de 4c l'imagination et possédait l'heareux talent de conter et de placer i « propos les anecdotes. 11 avait les passions très-violentes ; il était vif € et colère, mais il s'apaisait aussitôt. Son amitié était ardente et in- « altérable, plus particulièrement encore pour ses disciples avons. Son ( attachement était toujours fondé sur l'amour de la science; il a été « assez fortuné pour ne trouver que très-peu d'ingrats» ^ Ton sait « de quel zèle ses disciples payaient son amitié et combien de fois ils « se sont engagés dans sa défense. Quoique son amour pour la gloire Ait « sans bornes, son ambition n'eut d'autre objet que la prééminence litté- « raire et ne dégénéra jamais en un orgueil offensant et insociable. Dans « les sujets relatifs à la botanique, il ne souffrait que trés-impatiemmeitt « la moindre contradiction : il recevait cependant avec reconnaissance les « remarques de ses amis et s'en servait pour perfectionner ses œuvres, « mais il dédaignait les*attaques de ses adversaires ^ ne leur répondait « jamais : il les abandonnait à l'oubli où ils sont depuis longtemps ense- « velis... Il se plaisait à être admiré, ce qui paraît avoir été sa principale « faiblesse. Son amour pour la louange était fondé sur la confiance qu'il
< avait dans son mérite, sur ses succès en histoire naturelle, et sur la « réputation qu'il savait avoir acquise, d'être le premier auteur systéma-
< tique de son siècle'. »
* Fabricins, dans Fée, Vie de LinDé, Mémoires de la Société royale de LiUe, 1832, page 309. Pour bien connaitre Linné, il fiiut lire EonJawmal autographe
En comparant d*une manière plus complète les deux naturalistes, il serait aisé de citer des différences, même de grandes différences, dans leurs idées et leurs habitudes, mais ces différences s'expliquent par des causes extérieures, comme la position sociale dans laquelle chacun était né et les influences morales et intellectuelles qui dominaient autour d'eux. La Suéde, en 1707, année de la naissance de Linné, était complètement sous la dépendance de la réformation du seizième siècle. Genève, lors de la naissance de mon père, en 1778, se trouvait sous trois influences qui se combattaient et qui devaient se fondre plus ou moins dans la génération suivante. Une évolution intérieure avait changé le protestantisme rigide et mystique de Calvin en une religion douce, tolérante et amie des lumières, qui dominait dans les classes instruites de la société, et dont Charles Bonnet était le meilleur représentant. D'un autre côté, Rousseau et Voltaire avaient créé deux autres courants d'opinion qui se heurtaient entre eux et avec le premier. Il n'est pas difficile de reconnaître ces trois influences sur les idées et les sentiments du botaniste genevois, mais, je le répète, sous le point de vue des dispositions naturelles et du caractère, il ressemblait beaucoup à Linné.
Ses premiers travaux scientifiques appartiennent à deux écoles : l'école genevoise de Bonnet, de Saussure et Pierre Prévost, lorsqu'il traitait de physiologie, ou, comme on disait alors, de physique végétale; et celle de Linné, lorsqu'il décrivait et dénommait les plantes. Par caractère il aurait peut-être été absolu et tranchant, comme Linné; mais il avait appris de ses maîtres qu'il fallait souvent hésiter et peser les arguments ^ Son pre-
tndoit da suédois en français par M. Fée, et l'appréciation que donne Linné luimême de ses travaux et de sou caractère à la suite de son journal, dans la traduction en anglais de Pultefiey, a gênerai wiew ofthe wrightingt ofLinnœus (éd. 2, in*4o ; London, 1805), p. 552-578. On voit, par parenthèse, dans ce dernier écrit, que Linné tenait beaucoup à ses théories sur la métamorphose, l'origine des espèces et la prokpsis^ comme titres de gloire ; mais il se trouve que ni les unes ni les autres ne sont restées dans la science, du moins telles qu'il les comprenait. En définitive, la grande et juste réputation de Linné repose surtout sur ses bonnes méthodes de nomenclature et de description, et sur la multiplicité de ses ouvrages touchant à toutes les parties de la science.
1 Ce n*est pas de Linné qu'on aurait pu dire ce que disait M. Biot dans le Journal des Savants, en 1833, à l'occasion de VOrganographie et de la Physiologie qui venaient de paraître : « M. de CandoUe manifeste en vingt endroits son mépris pour cette manière si commune, et qui donne tant d'avantage aux yeux du vulgaire, de se montrer froidement dogmatique dans les cas les plus douteux. Nous le louerons d'avoir eu toujours lé courage contraire ; car c'est par l'indication même des doutes que l'on éclaire la science et que l'on prépare ses progrès.»
mier pas dans une voie nouvelle fut de mêler les deux tendances qui agissaient sur son esprit, car depuis Linné les botanistes purs ne s'oceupaient guère de physiologie, et les physiologistes savaient à peine les noms des espèces dont ils parlaient. Bientôt Texemple de Lamarck lui fit fidre ces descriptions dont les botanistes actuels n*ont plus le secret, je veux dire les descriptions de la Fbre française qui représentent une plante comme si on la voyait devant soi, au moyen de peu de mots exprimant les traits les plus apparents. Viennent ensuite des ouvrages originaux {Essai sur les propriétés des plantes, Voyages botaniques en France, Théorie éUmm-' taire. Mémoire sur la géographie des plantes de France), ouvrages remplis d'idées qui ne se trouvent ni dans Linné, ni dans Bonnet, qui ne se trouvent pas non plus dans Jussieu, dont, par parenthèse, il semble avoir peu étudié les écrits, car il n'en parie point dans ses journaux intimes ni dans ses lettres de 1 795 à 1 800, quoique l'immortel Gênera plantarum eût paru en 1789. Desfontaines, qu'il appelait son maître, avait été plutôt à son égard un protecteur et un ami. Ce n'est pas de lui assurément qu'il avait pu recevoir des idées neuves. Bien au contraire, ses explications verbales, moins prudentes que ses écrits, sont probablement ce qui Tavait égaré sur la question importante de la croissance des monocotylédooes. C'est donc de lui-même, de son observation constante et personnelle de la nature, c'est de l'étendue et de l'activité de son esprit, combinées avec ses lectures antérieures, que venaient et les idées de ses principaux ouvrages et la fusion de toutes les branches de la botanique en une seule science, éclairée et simplifiée par quelques théories.
Qu'est-ce que la théorie? disait-il en 1809', si ce n'est une manière simple et abrégée d'exprimer les résultats de l'expérience. — J'étais arrivé à mes conclusions, disait-il à la fin de sa vie, en 1840*, tatUsim^ plement par la vue des faits. C'est bien ce qui ressort de la lecture des Mémoires, de ses lettres particulières et de ses journaux. 11 étudiait les plantes, il consultait les ouvrages afin de savoir les noms, mais quant i la manière de comprendre les faits et de les rapprocher par des théories, il suivait essentiellement ses propres idées, influencées souvent par la marche des sciences voisines, et se montrait quelquefois heureux de découvrir, dans des ouvrages déjà publiés, des opinions analogues aux siennes. On sait, par exemple, que l'illustre Gœthe avait écrit, en 1790, un opuscule sur la Métamorphose des plantes, où se trouvent
* Éloge de Broassonet, page 17.
* Voyez ci-dessus, page 376.
plusieurs des points de vue développés par mon père de 1809 à 1813, notamment dans la Théorie. Le travail remarquable du poète était presque inconnu aux botanistes allemands, à plus forte raison aux français, surtout à ceux qui, comme mon père, ne connaissaient pas la lanpe allemande. J*ai cherché avec beaucoup de soin dans quelle année il avait eu la première notion de cet ouvrage. 11 m*a été impossible de remonter plus haut que 18^. C'est alors qu'un M. E. Kampmann, demeurant rue des Maçons-Sorbonne, n^ 2, à Paris, lui envoya un extrait, en langue française, de la Métamorphose de Gœthe, comme il lui avait envoyé des traductions des ouvrages de Kieser et de Runge. (Alph. de C.)
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Quelques plèees de irers*
Elles sont extraites d'un volumineux cahier sur lequel Tauteur avait mis l'épigraphe suivante :
Mes premiers vers sont d'an enfant.
Les seconds d*un adolescent^ Les derniers à peine d'an homme.
(À. de Mosset.)
ÉPÎTRE A BOREE
faite au mois de décembre 1799 y far un froid de 14^, dans une patache, en allant de Lyon à Paris *.
Mon Dieu je suis perclus de froid !
J'ai la moelle des os gelée !
Merci, merci, seigneur Borée, Par Jupiter, épargnez-moi î Je respecte fort votre haleine Lorsque sur la liquide plaine Je vois naviguer nos vaisseaux, Mais ici donnez-vous repos !
Priez cette neige maudite.
Qui couvre nos corps de flocons
* Voyez ci-dessos^ page 80.
Bientôt transformés en glaçons, De cesser sa rude poursuite !
Considérez qu'il est minuit, Et sachez, tout dieu que vous êtes, Que c'est un trait des moins honnêtes D'attaquer son homme de nuit.
Voyez la charrette fatale, Où dans cette nuit infernale M'ont huche de cruels hasards :
Quatre planches mal agencées Sur l'essieu durement placées Et faisant jour de toutes parts, Telle est la charrette maudite Où je reçois votre visite.
Les pieds placés dans un panier Où votre souffle se promène.
Et n'ayant qu'un rideau léger Pour me parer de votre haleine.
Et pourquoi vais-je ainsi courant.
Affrontant la neige, la pluie Et toutes les rigueurs du vent?
C'est pour quitter une patrie Que mon cœur a toujours chérie.
C'est pour quitter de vrais amis Que je chéris comme moi-môme ; Mais ma folie est donc extrême !
Non, certes. D'ici, dans Paris, A travers la neige et la glace, Je distingue un heureux salon Où j'ambitionne une place Autour de certain guéridon !
Gui, je l'aurai, dût la colère Du dieu qui préside aux frimas Devenir encor plus sévère Dans ces déplorables climats.
Cette espérance me ranime !
Borée a beau se tourmenter, C'est le serpent qui mord la lime Et qui ne saurait l'entamer.
Mes pieds, mes mains pourront peut-être Se glacer, grâce à sa rigueur.
Mais je défie ce grand maître De pouvoir refroidir mon cœur.
VERS ÉCRITS EN 1810 SUR l' ALBUM DE MADAME LA PRINCESSE CONSTANCE DE SALM-DYCK.
Dans mon jeune âge, entre Apollon et Flore.
Mon esprit flottait incertain ,
Mais, que dis-je ? il balance encore, Et secret déserteur du style linnéen, J*ose parfois, en rimes hasardées, Peindre à huis clos mes plus chères idées.
Ici, par un accord heureux, Je trouve unis, dans ce manoir antique,
Ce qui fit Tobjet de mes vœux, L*amour des vers et de la botanique *. De cet accord pourrait-on s'étonner ? Si parmi les neuf sœurs Flore n'est point placée. Si du Parnasse elle semble chassée, De cet arrêt elle a droit d'appeler.
Combien de peintures riantes.
De tableaux frais, d'images séduisantes
Ne peut-elle pas inspirer?
Elle a son Pinfc, et les noms de Virgile, De Darwin, de Castel, de Vanière et Delille,
Suffisent bien pour l'illustrer.
Puisse à leurs noms se joindre un jour le vôtre, Belle Constance, et notre Pinde heureux
Et de sa conquête orgueilleux
N'enviera jamais rien à l'autre.
* La princesse est un des poëtes distingaés de l'époque et le prince de Salm est an habile botaniste. {Note de l'auteur,) ^ M°>« la princesse de Salm, née de Thelss, avait un talent extraordinaire d'improvisation. Mon père a soutenu avec elle d'assez longues conversations, elle, parlant en vers alexandrins. Le prince de Salm, qui était aimé et respecté de tous les botanistes, vient de mourir à Nice dans un âge très-avancé. (Alph. de C.)
576 PIÈGES JUSTIFIGATITES