PREMIERS TRAVAUX ZOOLOGIQUES
A mon arrivée à Paris j'appris qu'on pensait à organiser une école centrale à Genève, devenu chef-lieu du département du Léman, qu'on avait l'idée de m'y appeler comme professeur d'histoire naturelle, et qu'on se disposait à y former un musée. On me chargea de recevoir de l'administration du muséum d'histoire naturelle de Paris ce qu'il voudrait bien nous adresser.
Je m'occupai avec zèle de ce travail, auquel je consacrai deux mois entiers. Mes relations avec les professeurs qui dirigeaient cet établissement contribuèrent à rendre la part de Genève aussi riche qu'elle pouvait l'être. Je fis mes demandes systématiquement, et j'obtins une collection assez nombreuse et assez suivie pour servir utilement à l'enseignement. Je la fis emballer et l'expédiai, fier de mes succès, à l'administration municipale de Genève, où elle arriva en bon état comme je Tai su depuis par mon ami Picot, témoin de l'ouverture des caisses; mais on ne m'accusa pas même réception de mon envoi, on ne me remboursa aucun de mes frais, et au bout de peu de mois la collection tout entière fut volée dans la mairie, probablement par les commis, ou peutêtre par quelques-uns des administrateurs. Je ne pus retrouver à Genève, à mon retour, en 1816, qu'un malheureux zèbre empaillé, qu'on avait jugé trop gros pour l'emporter, et qu'on avait laissé pour pâture aux vers dans un grenier. Ce premier essai des services publics et gratuits ne m'en dégoûta point, mais me donna la mesure de ce qu'on devait attendre de la reconnaissance administrative. D me procura du
moins l'occasion de voir beaucoup d'objets de zoologie, connaissance qui m'a servi dans la suite, lorsque j'ai été appelé à enseigner cette science.