ACADÉMIES OU SOCIÉTÉS SAV.VNTES ÉTRANGÈRES
L'usage qu'ont adopté les Académies de nommer des correspondants, hors du lieu de leur résidence, a eu pour but primitif d'obtenir des renseignements ou des commmiications sur les progrès des sciences; mais quoique ce gem^ d'utilité des Sociétés savantes ne soit pas absolument nul, il a maintenant perdu de son importance depuis que la communication des livres est plus facile et que les journaux scientifiques se sont multipliés. A l'époque actuelle, les titres d'associé ou de correspondant, décernés de loin, sont des hommages rendus aux savants. Ils servent d'encouragements, d'autant plus flatteurs que les Académies sont plus célèbres et que la forme de leurs élections garantit mieux leur justice. Ce genre d'encouragement ou d'approbation m'a été libéralement accordé, quoique je me sois interdit^ rigoureusement de le demander. La première politesse de ce genre que j'ai reçue, est d'avoir été nommé, à l'âge de vingt ans, correspondant de la Société philomathique de Paris et membre de la Société de physique et d'iiistoire naturelle de Genève; dès lors il est peu d'années que je n'aie été afflié à quelque société : aujourd'hui (1840)
* Ce travail a été à peine ébauché. Je le regrette d'autant plus que la Suisse a beaucoup changé depuis cette époque. (Alph. de C.)
"^ Les seuls cas où j'ai manqué à cette règle ne m^ont pas réussi. J'ai demandé deux fois, parce que c'est Pusage et presque la règle, d'être membre de l'Académie des sciences de Paris, et je n'ai pas été élu. Au contraire, j'ai été nommé associé étranger de la môme Académie sans l'avoir demandé et même sans avoir su qu'il y avait une place vacante.
je me trouve attaché, sous des titres divers, à quatre-vingttreize Académies ou Sociétés savantes ' : je mentionnerai rapidement celles dont la nomination m'a été le plus agréable.
En 1814, j'ai été nommé, avec M. Thouin, membre étranger de la Société d'horticulture de Londres, qui venait de se fonder, et, en 1818, de la Société Linnéenne de cette ville. En 1819, l'Académie Césarienne Léopoldino-Caroline des Curieux de la nature, dont le centre était alors à Bonn, m'admit au nombre de ses membres et me donna, d'après son ancien usage, un surnom. Elle me décerna celui de Liwnoms, qui, comme on le pense, me rendit la nomination très-précieuse. Plus tard, en admettant mon fils, elle lui donna pour nom de guerre Candollii filius.
Dès 1822, les Académies de Munich, d'Edimbourg, de Stockholm, de Copenhague, escomptant pour ainsi dire d'avance l'utilité du Systema vegetabilium, qui venait de paraître, m'admirent parmi leurs membres, et la même année, la Société royale de Londres me reçut au nombre de ses quarante membres étrangers ; j'y fus véritablement sensible, à cause du rang élevé de cette Société dans l'opinion de l'Europe.
En 1826, je fus nommé associé étranger de l'Académie des sciences de l'Institut de France. Ce titre esl le plus beau qu^un savant puisse obtenir, car il n'y a que huit places de ce genre pour représenter les pays autres que la France et toutes les sciences physiques, naturelles et mathématiques. Je fus nommé en remplacement de l'astronome Piazzi, et en concurrence avec l'astronome Olbers et avec Robert Browii, qui l'un et l'autre ont été nommés depuis. J'étais à Genève; j'ignorais qu'il y eût une place vacante, ce qui augmenta le plaisir que me fit éprouver cette marque d'ap-
* A sa mort, en 1841, Pautcur était membre d'une centaine de Sociétés ou Académies. Voir les Pièces justificatives, n*> viii. ( Alph. de C.)
probation. Je suis le quatrième Genevois qui l'ait obtenue : Tronchin, Bonnet et de Saussure l'avaient eue avant moi*.