‹ Mémoires authentiques d'une sage-femmeChapitre 30 sur 44 · ASSISTANCE XIX · texte numérisé non relu

ASSISTANCE XIX

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Une jeune dame, épouse d'un propriétaire demeurant rue Saint- Jacques, s'était fait inscrire chez moi pour que j'allasse l'accoucher, lorsque le temps de sa délivrance serait venu. J'allai d'ahord la saigner, et comme elle se trouvait habituellement indisposée , elle désira me voir souvent, afin de me consulter. Dans les différentes visites que je lui fis, je reconnus H. s

que sa grossesse présenterait assurément quelque phénomène, et telle était la cause du malaise de cette dame. Car un semblable dérangement de santé, chez une femme enceinte, est presque toujours la conséquence d'une mauvaise position de l'enfant, ou d'une conformation vicieuse de quelque partie de ce fœtus ; à moins encore que cette suite d'indispositions ne soit due a la présence de deux enfans.

Il était difficile , au point où se trouvait la grossesse, de prononcer affirmativement sur la situation des choses; mais je pus dès lors augurer que Taccouchement serait laborieux ; et je tins a le faire moi-même.

Quand le travail fut commencé, je m'aperçus, au premier toucher, que l'enfant offrait une dilatation extraordinaire des fontanelles , circonstance grave, qui m'apprit que cet enfant était hydrocéphale. Je me trouvai alors dans une situation morale extrêmement délicate : depuis plusieurs mois que je venais chez ma cliente, j'avais eu souvent occasion de remar-

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