‹ Mémoires authentiques d'une sage-femmeChapitre 32 sur 44 · A MA CHÈRE ALEXANDRINE · texte numérisé non relu

A MA CHÈRE ALEXANDRINE

Avec qui je lis le voyage d'Antenor.

Tous les jours mon cœur va s'unir

A celui d'une tendre amie ,

Qui me rappelle le souvenir

De la célèbre Lasthe'nie.

De son trop heureux Antenor

Nous renouvellerons le mariage ,

Et bien mieux qu'eux mettrons d'accord

Le plaisir, la raison et l'âge.

Nous trouverons la Je licite'

Où les sots rencontrent la peine,

Et chaque jour de l'amitié'

L'amour resserrera la chaîne...

Jurons de nous aimer toujours ,

Fidèles à la philosophie. . .

Joignons le travail aux amours ;

Enfin imitons Lasthe'nie.

Quand cette gentille épître fut composée , je crois, sur le coin de ma toilette, je ne m^amusaipoint à saisir le mètre desprosodistes pour en mesurer les syllabes : l'amour ne trouve trop longs, ni les instans qu'on lui consacre, ni les phrases, rimées ou non rimées, qu'on lui adresse ; et les vers de la personne que nous aimons sont toujours justes quand ils sont tendres. Même lorsque j'insérai ceux de M. Giraud... dans ce chapitre, je leur ouvris une de mes pages avec candeur, sans arrière-pensée critique... Mais voilà qu'un typographe, pour l'acquit de sa conscience de correcteur d'épreuves, m'a fait observer que quatre des vers adressés par le nouvel Antenor à la nouvelle Lasthénie sont infiniment trop longs; que, d'ailleurs, il n'est pas correct de dire : Nous trouverons la félicité où les sots, etc., et qu'il faut là où : ce qui du reste tomberait dans F hiatus. Enfin, mon puriste prétend que félicité ne rime pas avec amitié, même en s'autorisant des licences poétiques D'après les observations du prote , j'avais ordonné la

suppression de l'épître; mais on m'a objecté le remaniement, et je me suis décidée à permettre les italiques dénonciatrices, pour sauver la responsabilité de mon imprimeur.

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