‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 103 sur 233 · CHAPITRE YI · texte numérisé non relu

CHAPITRE YI

et les trahir ; et de Vautre côté, monsieur de la où. Force s'ëtoit vu réduit à ne savoir que devenir, si par son adresse il n'eût trouvé le moyen d'entrer dans Montauban, ayant grand sujet de croire, s'il ne les eût prévenus, et qu'ils eussent eu connoissance de son dessein, que vu l'opinion de laquelle on les avoit imbus, ils lui eussent fermé les portes , pour peu que cela eût passé par voix ; mais que tout au contraire il ait été la seule cause de Iettr conservation, Dieu se servant de ce moyeu si éloigné de leur pensée pour éviter leur entière ruine, et lui faire trouver un asile assuré parmi ceux qui selon toutes les apparences du monde, ne se fussent jamais garantis sans ce secours, c'est ce qui est véritablement surprenant et qui nous montre une assistance toute miraculeuse !

Voici donc les solliciteurs qui recommencent à. travailler pour la dëputation vers monsieur de Rohan, ce qu'on ne fait plus de difficulté de leur accorder, se trouvant meshuy en état de pouvoir mieux résister qu'ils n'eussent fait au commencement du siège; on permet à monsieur d'Esplan de \-enir dans la ville, il y coucha et porta les passeports du Roi tels qu'on les avoit désirés ; et comme on futfprêtà partir, il proposa, selon qu'il en avoit

reçu l'ordre, de mener les députés vers le Roi à Piciv. 19

mi. quecos, à quoi iccux répondirent que c'étoit absolument ce qu'ils ne vouloient pas, désirant éviter une semblable ou plus rude réprimande que celle qu'avoient reçue les députés envoyés ci-devant vers monsieur de Rohan, et particulièrement monsieur de Castelnaut refusa de s'y soumettre et voulut être expressément assuré qu'on ne l'y mèneroit pas, ce qui lui fut enfin promis, et cela faillit presque à rompre la députation.

Et il se rencontre que comme monsieur de Castelnaut fut bors la ville et qu'il portoit toujours une écharpe blanche, monsieur d'Esplan le voulut obliger à la quitter, lui représentant qu'étant reconnu pour être de ceux de Montauban que peutêtre ceux qu'ils rencontreroient, pourroient lui faire du déplaisir. Monsieur de Castelnaut lui répondit que s'il lui eût dit cela avant de sortir, il n'y eût pas fait de difficulté ; mais que puisqu'il étoit sorti, et qu'il devoit être assez connu pour être de ceux de Montauban, qu'enfin il marchoit sur la parole du Roi et sous sa conduite, il ne quitteroit point cette écharpe. De là passant par le quartier de monsieur le Prince de Joinville où étoit monsieur d'Esdiguières , monsieur d'Esplan lui dit comme quoi ce dernier l'avoit prié de faire en sorle qu'il pût parler auxdils députés, et leur de-

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