‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 104 sur 233 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

manda s'ils auroient pour agréable de le voir, ce t62i. qui lui fut accordé volontiers. Là il se trouva plusieurs des connoissances de monsieur de Castelnaut, entre autres le sieur Zamet, mestre de camp d'un régiment françois d'infanterie, qui avoit reçu une mousquetade à un bras dont il étoit encore fort maigre et exténué, et le bras en écharpe; il s'y passa quelques discours de raillerie entre eux où l'avantage ne fut pas de leur côté. Vous pouvez croire que généralement tous ne tâchoient qu'à les persuader de rendre obéissance au Roi, tant pour les avantages qui leur en pourroient revenir que pour les malheurs inévitables qu'ils avoient à appréhender autrement. Monsieur d'Esdiguières les reçut très-bien et les exhorta fort à la paix. Ils passèrent par Villemur et par Lavaur, et se conduisirent fort heureusement à Castres ; là on dresse des articles pour la paix générale laquelle se devoit ensuite traiter avec l'Assemblée de la Rochelle et les principaux Seigneurs de la Religion; on accordoit à ceux de Montauban presque tout ce qu'ils pouvoient désirer, hormis cette condition qu'on exigeoit d'eux, particulièrement contraire à leurs mémoires, qui est que non-seulement ils rendroient obéissance au Roi, mettroient les armes bas, lui iroient demander pardon, et recevroient

i<52i dans leur ville au nom de sa Majesté telle personne qu'il lui plairoit de nommer, en criant : Vive le Boi ! Sous ces conditions et avec les assurances qu'il ne leur seroit fait aucun mauvais traitement, et que le Roi les laisseroit en toute liberté sans exiger autre chose. Tout cela ne se demandoit que pour l'honneur du Roi et pour la satisfaction de ceux qui gouvernoient, et Tavoient embarqué à ce siège, croyant en avoir assez fait et ne désirant que se retirer et finir cette guerre avec quelque apparence d'honneur.

Voilà donc, ce semble, les choses bien disposées et qui fussent revenues à une grande satisfaction de toute la France , mais particulièrement pour le repos de ceux de la Religion, si c'eût été la volonté de Dieu. Les députés repassent à Villemur et y voyant monsieur d'Esdiguières, lui rapportent ce qui séloit passé ; il trouva que cela alloit h *t bien, mais il n'en fut de même quand les députés furent de retour à Montauban. Ceux de la ville, après qu'on leur eut rapporté les avis de monsieur de Rohan et ce qui avoit été arrêté avec lui, ne purent consentir à ce à quoi on les vouloit soumettre, c'està-dire la Jurade ou tout le peuple qui avoit été assemble dans le temple, à qui il falloit rendre compte de tout. Les avis furent fort partagés, mais

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