‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 105 sur 233 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

enfin la plus grande voix l'emporta , ne pouvant *«w. consentir à ces deux choses , l'une de demander pardon, et l'autre de recevoir dans leur ville celui que le Roi y voudroit faire entrer. Les raisons de ceux qui s'opposèrent à ce traité furent que ceux qui pour conserver leur liberté et le maintien de la Religion, avoient perdu père et mère, mari et femme, enfants, frères et sœurs, que ce leur seroit un grand crève-cœur et déplaisir, si encore après cela, on les obligeoit à demander pardon, vu qu'ils n'avoient rien fait que ce à quoi on les avoit contraints. El puis encore de se soumettre à ceux qui ne demandoient que leur ruine; que tant d'exemples faisoient voir qu'ils ne se dévoient point fier aux promesses qu'on leur faisoit ; qu'après qu'ils auroient obéi une fois, le Roi pourroit demander d'entrer dans leur ville, que c'étoit une chose qu'eux en cet état, ne pourroient plus refuser ni s'en excuser ; que de plus le Roi ou son Conseil se réservent toujours l'explication de leurs promesses, et qu'ainsi, ils ne peuvent agréer ni prendre nulle sûreté en toutes ces propositions.

Et comme ceux de Montauban se voient déjà à demi délivrés du siège, et que c'est un peuple fier et violent, il n'y eut jamais moyen de les persuader et les porter à la raison, en leur représentant qu'a-

29i MÉMOIRES DU MARQUIS DE CASTELNAUT.

i62i. ycc l'avantage particulier qui leur en reviendroit, que cela procureroit aussi le repos à tous ceux de la Religion en France, bien qu'ils agréassent fort d'ailleurs toutes les autres propositions et conditions du traité, mais ils demeuroient obstinés à l'égard de celles que l'on désiroit particulièrement d'eux.

Nous dirons encore que pendant que les députés étoient à Castres et avant leur retour , les assiégeants se voyant reculés de leurs espérances et que la saison de l'hiver s'approchait , comme aussi à cause de l'incommodité que plusieurs recevoient en ce siège, ils commeneoient a s'y fort ennuyer, il paroit visiblement qu'ils minutent leur retraite; on voit que le canon et bagage se mettent en marche : cela n'empéchoit pas que les tranchées et les forts qu'ils tenoient encore au Moustier, ne demeurassent toujours garnis, mais cela donna aussi envie à ceux de Montauban de tâcher à entreprendre toujours quelque chose sur eux ; cependant comme cela ne se faisoit que du mouvement des particuliers, ayant été résolu qu'il ne s'y feroit plus de sortie, 'quoique plusieurs le désirassent, surtout au quartier deMontmiral, lesquels on ne pouvoil retenir et qui vonloi. m faire quelque chose comme les autres , il n'en résultait pas grand effet. Néanmoins

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