‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 124 sur 233 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

s'en étant retournés dés le lendemain même de son 1621 arrivée.

Pendant encore tout cela et avant que monsieur de la Force ne bougeât de Castelnaut, un brave homme de la Maison d'Espalungue venant de Monflanquin de la part de monsieur d'Auripech et d'autres , fut pour solliciter monsieur de Castelnaut de se vouloir saisir de Monflanquin où il n'y avoit personne, sur cette assurance que dès qu'il y seroit, ils l'assisteroient de quatre cents hommes de pied. Monsieur de Castelnaut ne voulut rien entreprendre de soi , et en donna avis par lui-même à monsieur de la Force à Castelnaut qui approuve fort ce dessein, mais le malheur porta que comme ledit sieur d'Espalungue s'en retournoit, que passant en un lieu où il y avoit logé une compagnie de gens de pied qui se faisoit pour monsieur de Bourzolles, la sentinelle lui cria de s'arrêter, ce que n'ayant pas fait, et lui n'étant que troisième, elle lui lâcha un coup de mousquet qui le tua, ce qui fut, je vous assure, une grande perte.

Ceux qui étoient avec lui, de retour à Cugnac, i622« rapportent à monsieur de Castelnaut le sentiment de monsieur de la Force, mais comme il éloit seul, il ne se voyoit pas en état de rien entreprendre. Sur ces entrefaites voici que le Baron de Berbières,

1622. frère de monsieur de Bourzolles, qui avoil formé une compagnie d'infanterie d'environ soixante et dizhommes, pe< i( L'ordre de monsieur de la Force

de venir trouver monsieur de Castelnaut à Cugnac, ce qu'il fit, et se rendit sur le chemin de Monfianquin le jour même que monsieur de la Force étoit parti de Cugnac ; ce que monsieur de Castelnaut ayant appris, il se disposa daller à Monflanquin, après avoir rassemblé une vingtaine d'hommes à cheval des environs de chez lui et d'Issigeac, mais très-mal montés et n'ayant que quelques carabines. Comme il eut abordé le Baron de Berbières, il trouva que sa compagnie n'avoit ni poudre, ni balles, ni mèches. Soudain il envoie un homme à cheval chez lui lequel en apporta ce qu'il put, et monsieur de Castelnaut le distribua, ne laissant néanmoins qu'une mèche allumée en chaque rang afin quelles ne vinssent pas à leur manquer. Il falloit passer le Drot auprès de Villeréal et auprès d'une église bien terrassée, bien fossoyée et qui étoit gardée. Néanmoins le bruit de la venue de monsieur de la Force avoit tellement mis l'épouvante partout, tout le monde croyant qu'il venoit après, et en ce cas bien aises qu'on ne leur demandât rien, qu'ils promirent de laisser j>a?>n- tout joignantleurs fossés; un peu au delà, ils passent le Drot

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