‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 125 sur 233 · CHAPITRE VH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VH

à un moulin, mais ils ne furent pas sitôt passés qu'ils 1622< apprennent par des gens qu'ils prirent, que quelques gentilshommes d'Agenois qui avoient des compagnies de gens de cheval d'environ cent vingt ou cent quarante maîtres, sur le bruit de la venue de monsieur de la Force, avoient délogé bien vite et s'étoient retirés du côté de Biron, de même que quelques compagnies d'infanterie s'étoient jetées dans une église, ne voulant pas être trouvées en campagne, et croyant qu'étant là, elles feroient mieux leur capitulation au cas qu'on les voulut attaquer.

Monsieur de Castelnaut passa devant ladite église avec sa petite troupe laquelle il leur étoit facile de considérer, sans qu'ils osassent tirer ni leur rien demander ; il continue donc son chemin jusqu'à environ demi-lieue de Monflanquin, rencontrant beaucoup d'hommes et de femmes sur le chemin qui témoignoient en leur façon de faire, qu'il y avoit quelque chose qui les inquiétoit.

Au commencement monsieur de Castelnaut crut que ce pouvoit être même sa rencontre, quoiqu'il ne leur demandât rien, ne songeant pas à faire des prisonniers, mais enfin il commença à les interroger sur ce qu'ils avoient, et pourquoi ils paroissoient si étonnés et pleins d'effroi, vu qu'il les

1622« laissoit passer librement? Ils lui dirent que c'est comme ils étoient à Monflanquin , qu'il y étoit entré quatre cents hommes d'infanterie qui venoient de Clairac, et que tout le monde avoit quitté.

Cela donna un peu à songer à monsieur de Castelnaut qui fit faire halte, choisissant une place au cas qu'il fût attaqué, où il pourroit le mieux se défendre. Il y avoit là un bourgeois de Monflanquin qui lui avoit porté les assurances avec le feu sieur d'Espalungue, lequel monsieur de Castelnaut vouloit envoyer à Monflanquin pour apprendre ce qui s'v passoit et lui en rapporter des nouvelles ; mais quoiqu'il fut bien monté, il ne put jamais l'obliger à y aller seul. Il fallut donc chercher quelque autre , mais tous étoient si mal montés que personne ne se vouloit engpger à cela, si bien qu'il fut contraint de donner son cheval à un nommé Lassaut pour accompagner ce bourgeois.

Cependant et en attendant leur retour, voilà l'alarme qui se donne parmi cette petite infanterie, et déjà ils commencent à se débander et vouloir fuir , lorsque monsieur de Castelnaut les arrêta, et désirant savoir ce que c'étoit, ils dirent qu'il descendpit quantité de cavalerie qui venoit à eux. 11 voulut les reconnoitre afin de se mieux préparer a Les recevoir, et s'élant avancé, tous clux qui ve-

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