CHAPITRE VIII
SOMMAIRE
L'arrivée de M. de la Force à Sainte-Foi fait lever au Duc d'Elbœuf le siège de Gensac. — L'armée royale se retire à Pellegrue. — La Force la suit avec sa cavalerie.— Retraite de MM. de Beynac et de Bourzolles. — M. d'Elbœuf à Bergerac. — Les deux partis s'observent. — Défection du Marquis de Mirembeau. — Mécontentement de M. de Théobon. — Il s'entend avec le Duc d'Elbœuf. — Il fait évader un traître qui vouloit mettre le feu aux poudres de Sainte-Foi. — Indignation du Vicomte de Castets. — Modération et prudence de la Force. — Tentative de M. de Castelnaut sur Tournon. — Il s'oppose à ce qu'on s'attaque aux maisons des gentilshommes. — 11 se jette dans Monflanquin et s'y fortifie. — M. d'Elbœuf se met en mouvement pour l'attaquer, mais le voit en si bon état qu'il y renonce. — Il se résout à entreprendre sur le château de la Force. — Représentations de M. de Bourdeille. — Le Duc persiste dans son dessein. — La Mothe-Gaschon se saisit de Montravel. — Siège du château de la Force. — Il est battu par le canon. — Cruautés des Royaux. — M. de la Force marche au secours de sa maison. — Il rencontre l'armée du Duc d'Elbœuf rangée en bataille, et défait le régiment de Bourdeille. — Escarmouches des deux armées. — M. de la Force visite son château après en avoir fait lever le siège. — Il s'empare de la ville et du château d'Eymet. — MM. de Castelnaut et de Lusignan, favorisés par une demoiselle de la Religion , surprennent Clairac. — Siège du château de Tonneins-Dessous. — Il est pris par escalade. — Le Comte de la Vauguyon se rend à merci.
Monsieur de la Force ne s'étoit pas pourtant 1622.
conduit à Sainte-Foi sans beaucoup d'incommoiv. 22
1622. dites, ayant été attaqué à Castelnaut , à cause du mauvais temps qu'il avoit souffert, et de coliques et de mal d'estomac, si bien même qu'il en étoit parti en litière ; mais voici des témoignages de ce que peut la réputation d'un chef de guerre et d'un homme comme lui, c'est que monsieur d'Elbœuf étoit allé assiéger Gensac, où messieurs les Marquis de la Force, de Montpouillan et de Théobon avoient accouru pour assister les assiégés et tacher à fatiguer et incommoder les assiégeants tout autant que leurs petites forces leur en pouvoient donner le moyen, ayant toujours été sur leurs ailes; mais dès que M. d'Elbœuf eut connoissance que monsieur de la Force s'acheminoit à Sainte-Foi, bien qu'il n'eut aucunes troupes avec lui, néanmoins il leva le siège.
2 janvier. Monsieur de la Force ayant joint ces messieurs les Marquis, il voulut voir en quelle contenance il trouveroit les forces de M. d'Elbœuf et s'il y avoit moyen d'entreprendre sur elles; il marcha le reste de cette journée et la nuit par un temps grandement rigoureux, et étant à la vue de Pellegrue1, ils apprirent que le sieur d'Elbœuf avec tout son
' «Le lendemain de l'arrivée du Duc d'Elbœuf à Pellegrue, la cavalerie des Réformez vint se loger à une demy-licue, et donna de chaudes alarmes. » HfaroWN François, tom. Mil, pag. 447.)