‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 128 sur 233 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

monde s'étoit très-bien retranché et barricadé, ce qui l'obligea à s'en retourner sans avoir pu rien exécuter, car outre l'avantage d'être dans un lieu retranché, ses forces étoient en nombre beaucoup plus grand que les nôtres.

Cependant monsieur d'Elbœuf est tantôt ici, tantôt là, tâchant à augmenter ses troupes et se tenant toujours sur ses gardes;, de même monsieur de la Force qui n'a que fort peu de gens, convie tout le monde à l'assister et à prendre les armes ; mais voilà qu'au lieu de cela, messieurs deBeynac et de Bourzolles se retirent avec le peu qu'ils avoient amené, et encore le sieur de Bourzolles avec ce qu'il put lever de gens de cbeval, qui faisoient grand besoin à monsieur de la Force, s'en alla trouver le Comte d'Orval à Figeac.

Monsieur de Castelnaut, continuant son chemin , s'étoit rendu à Sainte-Foi sans nul mauvais rencontre.

Finalement monsieur d'Elbœuf s'étant retiré à Bergerac, et ses troupes s'augmentant toujours, et les principaux du pays, comme messieurs les Comtes de Lauzun, de Gurson et de Ribérac et autres étant auprès de lui, cependant ils n'entreprirent rien. Monsieur de la Force n'en fait pas davantage; ne se sentant pas assez fort, il s'attend toujours que

»e». ses troupes grossiront, plusieurs particuliers lui ayant promis de faire des gens ; et le Vicomte de Castets qui avoitété à Nérac, s'ëtant rendu auprès de lui, il y convia de même le Marquis de Pardaillan l, lequel ofïroit bien d'y venir , pourvu qu'on lui remit Savignac qui avoit tué son père, ce que monsieur de la Force disoit ne pouvoir faire, l'ayant trouvé là, et qu'il étoit uu de ceux qui l'avoient appelé, outre qu'il avoit fait deux ou trois cents hommes d'infanterie, et qu'il étoit un des principaux commandants, ainsi que monsieur de Théobon, son beau-frère. Ce fut donc là le prétexte du sieur de Pardaillan, et au lieu de venir, il se rendit auprès de monsieur d'Elbœuf et du Maréchal de Thémines quand ils furent ensemble.

Cependant monsieur le Marquis de la Force ne voulant pas demeurer oisif, fait dessein avec ceux qu'il avoit à Sainte-Foi, d'aller enlever un quartier de cavalerie de ceux qui étoient logés es environs de Bergerac; mais parce que, après cela, il auroit une longue retraite à faire, et que monsieur d'Elbœuf qui avoit beaucoup de cavalerie auprès de

1 M. de Castelnaut l'appelle ainsi depuis la mort de M. de Pardaillan, quoique les historiens continuent à le désigner par le nom de Marquis de Mirombeau. La demande qu'il fit qu'on lui livrât Savignac. le justifie de l'inculpation qui lui a été faite dans le temps d'avoir toléré l'assassinat de son père.

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