CHAPITRE VIU
à l'endroit des brèches, avec de bonnes canonnières «m. et se flanquant les unes les autres; après cela, il continua encore de réparer de la même façon les plus dangereuses et importantes brèches, et ce de la hauteur de six ou sept pieds.
Sur le bruit qui courut que monsieur de Castelnaut s'étoit saisi de Monflanquin, cela fit résoudre monsieur d'Elbœufd'allerl'attaquer avant qu'il eût eu le temps de pouvoir se mettre en état de se défendre, et pour cet effet, ledit sieur s'achemine à Eymet où il assemble ses forces.
Son dessein et sa venue à Eymet furent bientôt sus à Monflanquin, ce qui engagea ceux du lieu à redoubler leur travail et à remuer autant de terre qu'ils avoient remué de pierres , jugeant bien qu'on ne se contenteroit pas de faire un effort contre eux, mais qu'on s'y attacheroit jusqu'à ce qu'on les eût emportés ; ainsi ils travaillent avec une telle diligence durant quatre ou cinq jours, réparant du mieux qu'ils pouvoient la démolition des fortifications en terre qui avoient ci-devant été faites au dehors des murailles de la ville, si bien qu'en quelque sorte ils se mirent un peu à couvert et en état de défense.
Cependant monsieur d'Elbœuf envoie à Monflanquin, tant pour reconnoître l'état de la place que
pour s'enquérir du nombre de gens de guerre qu'il y avpit, lequel s'augmentoit tous les jours un peu.
Et il peut se dire avec vérité qu'après cela monsieur de Castelnaut et ceux qui étoient avec lui, avoient plus de désir que monsieur d'Elbœuf vint les attaquer que d'appréhension de pouvoir être forcés.
Aussi ceux qu'il avoit envoyés pour reconnoitre, lui rapportent et le nombre d'hommes qu'il y avoit dedans, et qu'ils témoignoient avoir bonne envie de se défendre et ne rien craindre, enfin que monsieur de Castelnaut avoit mis cette place en tel état qu'avec la courageuse résolution qu'ils montroient, ils lui donneroient bien de la peine. Avec cela on représenta encore à monsieur dElbœuf qu'il rencontreroit tant de difficultés pour venir à bout de cette entreprise, qu'il en seroit pour y recevoir de la honte et de la perte. Il lui fut aussi proposé d'aller attaquer le château de Boisse â, ce qui fit que monsieur de Castelnaut y envoya des gens pour le défendre, se promettant qu'avant de se rendre, ils feroient bien tirer le canon.
Mais durant toutes ces résolutions, monsieur de
» M. de Castelnaut possédait la terre de Boisse du chef de sa femme : son fils aînc" porta le nom de Marquis de Boisse.