CHAPITRE VIII
mais comme c'étoit la nuit, et s'étant confié au rap- i&â port qu'on lui avoit fait, il s'avançoit droit au grand chemin (qui va de la Force à Bergerac et au delà du château) , et par lequel ils faisoient leur retraite, lorsqu'étant près de quelques marais où il y avoit des fossés, il fut bien surpris de trouver que monsieur d'Elbœuf s'y étoit mis en bataille avec son artillerie, laissant le chemin libre derrière lui pour le bagage, et s'étoit là campé de telle façon que du côté du château il ne pouvoit être attaqué à cause d'un grand fossé plein d'eau (qui est le long de la prairie et par où ni gens de pied ni de cheval ne peuvent passer ) , et le marais que nous avons dit, lui rendoit les épaules assurées ; ainsi monsieur de la Force ne s'en aperçut jamais qu'il ne fût tout contre, et lorsqu'on lui fit une salve qui tua le cheval du Baron de Beynac entre ses jambes et à côté de monsieur de la Force. Ce qui obligea ce dernier à s'arrêter et à se retirer un peu pour rallier ses gens et mettre quelque ordre parmi eux, sans que les autres branlassent, ni s'émussent pour venir après lui. Mais voici qu'il arrive qu'en se reculant, il rencontre en tête le long de la prairie, le régiment de Bourdeille qui avoit décampé le dernier, et qui descendoit de l'autre côté du château, par un chemin différent de celui que le bagage et
»«»• les troupes de monsieur d'Elbœufavoient pris. Monsieur de la Force ne les pouvant reconnoître à cause de l'obscurité de la nuit, et croyant que ce fussent des siens nonobstant qu'ils lui tiroient force mousquetades, leur crioit toujours que c'étoit lui, et se mêloit parmi eux pour se faire reconnoître, mais enfin il connut bien qu'ils n'étoient point des siens, et en même temps quelques compagnies d'infanterie à lui étant survenues, il leur commande de les attaquer, le lieu ne pouvant pas bien permettre à la cavalerie de combattre ; lesquels défirent et tuèrent la plus grande partie dudit régiment jusqu'au nombre d'environ quatre cents hommes, et le reste se sauva à la fuite qui çà, qui là, la nuit leur étant favorable; parmi ceux qui se trouvèrent à ce rencontre, la Mothe-Gaschon s'y fit remarquer pour s'être souvent courageusement mêlé parmi eux.
Après cela monsieur de la Force ayant aussi rallié ses gens, se met également en bataille, avant derrière lui quelques prairies où il y avoit des fossés, et ainsi se passa la nuit pendant laquelle il ne manqua pas d'envoyer à ceux du château pour apprendre de leurs nouvelles; on lui manda que tout alloil bien hormis le dégât qui y avoil été fait, <-l la brèche qui ('toit h Vs-gi aude.
;i inrifT Le lendemain, les uns ni les autres ne bouger* ni