‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 137 sur 233 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

pas de la place qu'ils avoient prise, et quoiqu'ils w*> fussent assez proches, il n'y eut que de fort légères escarmouches, jusqu'à ce que la nuit venant, cela obligea monsieur d'Elbœuf à se retirer et à se rapprocher de Bergerac ; il se posta dans un lieu fort avantageux, mais monsieur de la Force demeura là où il étoit, jusqu'au lendemain qu'il se retira *" février. dans le même bourg où il avoit logé auparavant; mais ce ne fut pas sans aller voir ceux du château dp la Force et leur témoigner le bon gré qu'il leur savoit de s'être si bien défendus. Cependant on n'avoit pas laissé de rapporter à Sainte -Foi comme quoi il avoit été défait, et que tout étoit perdu ; mais Dieu en ordonna autrement, et monsieur de la Force s'y retira après cela le lendemain.

Et quelques jours après que monsieur d'Elbœuf eut demeuré à Bergerac, il en partit laissant par son éloignement l'entre-deux des rivières de Dordogne et Garonne assez libre.

Ce qui fit résoudre monsieur de la Force à prendre cette route avec le peu de troupes qu'il avoit, et sur l'espérance d'y pouvoir faire quelques progrès. Et s'étant acheminé du côté d'Eymet, il s'en rendit maître, ceux qui étoient dans la ville et le château s'étant rendus à composition.

Durant le siège de la Force et quelques jours

1622. après, monsieur de Castelnaul avoit envoyé à diverses fois vers Tonneins et Clairac pour voir s'il se pourroit enfreprendre sur quelqu'un de ces lieux-là, afin de s'en rendre maître, et ce parce qu'on lui avoit donné avis que quelques-uns de ceux de la Garonne le viendraient joindre avec cinq cents hommes de pied, s'ils avoient les passages libres, entre autres le sieur d'Espans; il a nouvelles aussi du sieur de Galliac et de quelques autres, ainsi que d'une entreprise facile à exécuter sur Clairac pourvu qu'il puisse mener assez de gens pour cet effet.

Mais tandis qu'il cherche les moyens de pouvoir rendre le passage de la rivière de Garonne.libre, celui du Lot étant assuré, et lorsqu'il eut donné avis à monsieur de la Force de l'entreprise qu'il avoit sur Clairac, voici que monsieur de Lusignan se réveille, s'accoste des sieurs de Galliac et de Saint-Léger qui tous ensemble par après envoient vers monsieur de Castelnaut pour lui demander assistance pour une entreprise qu'ils ont formée. Monsieur de Castelnaut leur fait réponse qu'il est tout prêt à les assister, mais qu'il ne croit pas, qu'eux ayant besoin de lui, il ne doive avoir connoissancc de leurs desseins, avec cette condition el promesse qu'il leur fait (et ce, parce qu'il étoit bien

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