CHAPITRE K
neins - Dessous avec toute sa cavalerie et alla isw. coucher à Eymet. Il avoit envoyé le Comte de la Vauguyon à Sainte-Foi , mandant au Marquis de la Force de lui apprendre l'état de monsieur d'Elbœuf et la route qu'il prenoit, espérant que, lorsqu'il repasseroit la rivière, il le pourroit incommoder, nommément si ledit sieur n'avoit point de nouvelles de sa venue ; en tout cas qu'on pourroit faire éprouver un échec à quelques-unes de ses troupes, soit à la campagne, soit au logement. Pour cet effet, le sieur de la Force se rend le jour suivant à Pellegrue, mais par un si mauvais temps, ayant le j our et la nuit continuellement la pluie, qu'apprenant que le Duc d'Elbœuf avec une très-grande diligence avoit passé la Dordogne à Branne, et qu'il étoit bien avant entre les deux rivières, cela lui fit juger que meshuy son dessein ne pou voit plus réussir, voire même que s'il le continuoit, il lui en pourroit arriver du désavantage, ce qui lui fit reprendre sa route du côté d'Eymet et de là après à Tombebœuf , où il eut connoissance que monsieur de Lusignan avec messieurs de Beynac et de Théobon, étoit allé assiéger Granges qui est une méchante petite maison laquelle étoit toute remplie de bled et de quantité de meubles , tout le voisinage y ayant apporté les commodités qu'ils avoient.
»6K- Le bruit court aussi que monsieur d'Elbœuf a dessein d'attaquer ceux qui sont dans Tonneins- Dessus (où, après avoir pris le château de Tonneins-Dessous, monsieur de Montpouillan s'étoit logé , désirant de réparer les fortifications de ce lieu-là lesquelles avoient été entièrement démolies); et ce avant qu'ils eussent le moyen de s'y fortifier. Cela fit que monsieur de la Force avec une douzaine de cavaliers partit de Tombebœuf pour aller à Tonneins-Dessus, laissant à monsieur de Castelnaut la conduite du reste de sa cavalerie , afin de voir en quel état se pourroit être mis monsieur de Montpouillan , et ce qu'il devoit espérer ou craindre de l'entreprise de monsieur d'Elbœuf. Messieurs de Montpouillan et de Castets étoient donc dans Tonneins-Dessus avec presque toutes les forces de gens de pied qui avoient été mises à la campagne, travaillant de total leur pouvoir à réparer lesdites fortifications aux endroits les plus ruinés et les lieux par où ils estimoient devoir être le plus tôt attaqués, mais il leur eût fallu plus de six semaines pour les pouvoir mettre en défense. Voyez donc en quel état elles pouvoient être , n'ayant eu que sept ou huit jours pour travailler avant qu'ils fussent attaqué!
Voici doue monsieur d'Elbœuf et le Maréchal de
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