‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 145 sur 233 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

Thémines qui se présentent avec de belles forces m% et beaucoup d'artillerie du côté de Tonneins-Dessous, lequel ne pouvant garder, on achève d'y mettre le feu. Ces approches ne se firent pas sans quelque escarmouche; il y avoit aussi plusieurs barricades avancées d'où on ne croyoit pas que ceux qui avoient été mis pour les garder pussent être délogés si facilement, mais leur poltronnerie et lâcheté firent bientôt voir le contraire, car ils n'attendirent pas seulement d'être attaqués, qu'ils abandonnèrent tout, ce qui fut cause d'un trèsgrand désavantage à ceux de Tonneins et même de la perte de force gens, et du château du Comte de la Vauguyon assez éloigné de Tonneins-Dessus et dans lequel on avoit laissé quelques gens, à dessein de le quitter quand ils s'y verroient obligés et d'y mettre 'le feu; lesquels se trouvèrent tellement surpris qu'ils n'eurent moyen ni de résister, ni de se pouvoir retirer, et il n'y en eut que fort peu qui se sauvèrent à la nage.

Cependant monsieur de Castelnaut avoit été prié par monsieur de Lusignan et autres qui étoient devant Granges, d'aller chercher deux pièces de fer qui étoient chez monsieur de Saint-Léger, pensant de pouvoir abattre avec icelles quelque petite méchante tour qui étoit dans la basse-cour,

1622. fermée d'une mauvaise muraille et environnée d'un fossé, et qu'avec cela ils pourroient épouvanter ceux de dedans qui n'étoient que des paysans, et les obliger à se rendre; mais du premier coup, une pièce creva et tua ou blessa deux ou trois bommes, ce qui fit qu'on n'osa plus se servir de l'autre. On s'étoit loger dans le village et assez proche de la maison qu'on attaquoit, mais on n'avoit pas autrement avancé les affaires pour pouvoir s'en rendre les maîtres.

Monsieur de Castelnaut cependant avec sa troupe et le reste de celle de monsieur de la Force, s'étoit allé logé à la Parade, d'où il aperçut dans la plaine du côté de Montpezat, nombre de gens de guerre qui s'acheminoient du côté de Granges, de quoi il donna soudain avis à monsieur de Lusignan, faisant monter à cheval tout ce qu'il avoit près de lui, pour aller assister ceux qui étoient devant Granges; mais comme il fut descendu et qu'il avoit commencé à repasser la rivière du Lot, il apprit que ces gens sétoient retirés, sans qu'il se fût passé aucun combat ni escarmouche entre eux.

Le lendemain, le soleil n'étant presque pas levé, on revoit encore paroitre du haut de la Parade des gens tant de pied que de cheval, mais en beaucoup plus grand nombre que le jour d'avant; de

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