‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 148 sur 233 · CHAPITRE K · texte numérisé non relu

CHAPITRE K

Il se rencontra qu'en même temps que monsieur *«m. de Castelnaut les abordoit , celui * qui commandoit l'infanterie, l'ayant vue en fuite et en déroute, voulut aussi tâcher à se sauver et monter en croupe derrière un cavalier, mais ou pour s'être trop pressé ou pour n'avoir pas assez de disposition à cet exercice, ayant une cuirasse, il arrive que sautant en croupe, qu'il porte par terre celui qui étoit à cheval, lequel monsieur de Castelnaut prit prisonnier et le remit en garde à ceux qui étoient auprès de lui ; aussitôt il poussa celui qui étoit à pied, et au moment qu'il vouloit sauter un fossé, lui donna un coup d'épée dans les reins qui le tua. Il y en avoit cinq ou six qui avoient voulu faire ferme ou faire la retraite, lesquels furent aussi tués, même celui que monsieur de Castelnaut avoit donné en garde ne fut pas épargné.

Ensuite monsieur de Castelnaut se mit à poursuivre le reste de la troupe qui se retiroit du côté de Montpezat, et comme il leur donnoit la chasse, monsieur de Théobon arrive lui cinquième et tout échauffé, et voulant passer devant, il l'arrêta disant qu'il ne souffriroit pas que personne passât devant lui. Lors monsieur de Théobon demanda où étoit

1 Le sieur de Catus. {Mercure François, tom. VIII, pag. 465.)

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1622. monsieur de Castelnaut ne le reconnoissant pas, parce qu'il avoit son casque en tète. Monsieur de Castelnaut lui dit que c'étoit lui, lors il s'arrêta, puis ils commuèrent à poursuivre cette cavalerie de laquelle monsieur de Castelnaut prit la cornette de monsieur de Miremont, et trouvant auprès de lui un de ceux qui ëtoient venus avec monsieur de Théobon, il la lui donna en garde sans avoir eu le temps de s'assurer si c'étoit un des siens, et ainsi il les poussa jusqu'à la montée de Montpezat plus d'une grande lieue sans que jamais ils eussent fait tête en aucun endroit, bien que lorsque monsieur de Castelnaut fut là, il se trouvât qu'il n'avoit que sept ou buit bommcs avec lui. Tout le reste s'étoit tellement occupé à tuer des gens de côté et d'autre, que presque tous l'avoient abandonné. Il se trouva que ce jour-là un homme en avoit tué jusqu'à vingttrois , et un autre dix-sept.

Abordant le tertre de Montpezat, il le virent entièrement couvert de peuple qui étoient venus là pour regarder; jugeant bien qu'il ne gagnerait rien d'aller plus avant, monsieur de Castelnaut fit halte ji dessein de se retirer. Ce que voyant monsieur de .Miremont et ceux qui étoient avec lui, ils s'anvtèl < ni aussi et assez proche les uns dv> autres ; lors monsieur de Villeneuve, nommé La Guarde, que

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