‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 15 sur 233 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

de ce qu'il sollicitoit contre lui; comme si les inté- 1621. rets de monsieur de la Force son père ne dévoient pas lui être plus chers que ceux de monsieur de Pardaillan *, ce qu'il dit à monsieur de Savignac, trouvant bien étrange qu'il s'en formalisât; mais pensant de le contenter et pour l'obliger, ils lui offrirent, autant que cela pouvoit dépendre d'eux, de le faire nommer Lieutenant Général , ( quoiqu'il y en eût d'autres qui prétendoient à cette même charge ), et ils étoient en assez grande considération et avoient assez de crédit et d'amis pour pouvoir faire réussir la chose. Mais monsieur de Pardaillan plein de présomption, rejeta cette proposition, se promettant toujours qu'il pourroit venir à bout de ses espérances. Cela causa quelque trouble dans le Synode, et fit que quelques-uns des principaux, pour éviter les désordres que cette nomination pourroit causer, proposèrent qu'on la remit à l'Assemblée générale, comme bien connoissante des personnes qui pourroient être employées dans cette charge; à quoi messieurs les Marquis de la Force et de Castelnaut ne s'opposèrent pas, ne faisant nulle difficulté de croire que monsieur de la Force n'y fût préféré. Ainsi la chose fut ré-

1 M. de Boisse-Pardaillan se trouvait l'oncle par alliance de M. de Castelnaut.

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leai. solue dans le Synode, et tous les mémoires dressés pour être envoyés à la Rochelle et donnés au sieur deCastelnaut, qui partit quelques jours après pour y aller; et cependant monsieur le Marquis de la Force voulut bien prendre le soin et la peine d'aller demeurer à Bergerac, tant pour y veiller à la sûreté d'ieellc pendant l'absence de monsieur de Castelnaut, que pour faite avancer le travail des fortifications.

Monsieur de Castelnaut s'achemine à la Rochelle sans nulle mauvaise rencontre; or il est encore à savoir que Tordre que ces messieurs de l'Assemblée avoient pris, c'est que tous les mois on changeoit celui qui y devoit présider, et trois jours après l'arrivée de monsieur de Castelnaut, le temps expira qu'on en devoit nommer un autre, et on lui fit cet honneur de l'élire Président.

Durant presque tout ce mois, il ne se passa rien de fort considérable, bien que les bruits de guerre augmentoient toujours. Il arriva que monsieur de Yillarnoul, gendre de monsieur du Plessis-Mornay, qui avoit été ci-devant Député général à la Cour, fut envoyé de Paris à la Rochelle de la part de monsieur d'Esdiguières pour faire des propositions à l'Assemblée, les assurer des bonnes volontés du Roi, »'i pour les exhorter d'empêcher par leur mo-

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