‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 164 sur 233 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

pièces de bois sur le Lot, qui barroient tout à fait tm. la navigation.

Chose qui fit bien juger à monsieur de la Force que ces messieurs s'opiniàtreroient à leur siège ; cela le lit résoudre à mander au Marquis de la Force, qui étoit à Sainte-Foi, de s'en venir auprès de lui avec ce qu'il pourroit de cavalerie ; il envoya également vers le sieur de Roquepiquet, vers monsieur le Comte d'Orval et à monsieur de Bourzolles qui étoil avec lui, et de même vers monsieur d'Eymet qui étoit à Saint-Anlonin, enfin vers messieurs de Montauban, il se promettoit de recevoir un notable secours de tous , et capable , avec ce qu'il pourroit faire de son côté, de contraindre les ennemis à lever le siège.

Ceux de Tonneins crient cependant qu'ils ont manque de vivres et de munitions. Ce grand bateau ayant été préparé, ainsi qu'il a été dit, il arriva encore par une assistance extraordinaire de Dieii, et comme pour favoriser ce dessein, que la rivière du Lot a voit infiniment grossi, et par ce moyen on espéroit de rompre plus facilement la forte palissade que les ennemis y avoient faite.

On les fit donc partir de Clairac un peu avant la nuit ; ils passent heureusement et rompent la palissade, non sans qu'il leur fût tiré nombre de mous-

Ziia MÉMOIRES DU MARQUIS DE CASTELNAUT.

J622. quelades, et aussitôt arrivés à la Garonne, ils sont attaqués d'un gallion et de plusieurs frégates; mais la courageuse résolution du pilote Gondes assuré sur la grandeur de son bateau, méprise tout cela, et sans que les autres fussent capables de les accrocher ni même qu'ils osassent l'entreprendre, ils se conduisirent jusqu'à Tonneins avec une perpétuelle mousquetade des uns et des autres , bien que de ceux du bateau il n'y en eût pas un seul de blessé; mais les difficultés furent à l'abord de Tonneins, la rivière de Garonne étant si grosse et si rapide à l'endroit de la ville, qu'il étoit impossible de pouvoir aborder ni de s'y arrêter sans l'assistance de ceux de dedans, qui étant avertis, tinrent des cordes prêtes de leur côté qu'ils se jetèrent réciproquement les uns aux autres, comme le bateau passoit; par ce moyen il s'arrêta et prit port. Le gallion ennemi avoit toujours suivi jusqucs-la, mais il fut contraint de passer outre entraîné par le flot et sans pouvoir y résister, mais s'il n'eût été couvert de gros ais et bien épais, il auroit élé malaisé qu'à cause de l'escopetterie qui leur fut faite tout le lonç de la muraille où la force du courant contrainl les bateaux à passer, qu'il s'en fût sauvé un seul de ceux qui le montoienl.

Monsieur de la Force ne manqua pas de monter

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