‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 171 sur 233 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

de Faux où il alla loger, et ses troupes es lieux les m*. plus proches. Mais voici que le lendemain il apprend que Savignac d'Eynesse s'est retiré avec sa troupe de gens de pied pour s'aller rafraîchir; que le sieur de Moneins, frère de monsieur de Théobon, qui avoit quelque nombre de gens de cheval, en avoit fait autant, comme aussi les gens de pied qui étoient venus des environs d'Eymet et de Moncucq , et cela sans en avoir donné connoissance et sans en avoir demandé permission, tellement que monsieur de la Force se trouva assez seul, n'ayant de gens de pied que ce qui étoit venu de Monflanquin, et fort peu de cavalerie ; encore fallut-il que monsieur le Marquis de la Force s'en allât à Sainte- Foi avec sa troupe, tant pour chercher à l'augmenter que pour essayer de ramener ceux qui s'en étoient allés, et pour faire le plus de gens qu'il pourroit, tant à pied qu'à cheval, en attendant le secours qu'on espéroit de la Haute-Guyenne.

Mais voici qu'on apprend que le Comte d'Orval, à la persuasion du Duc de Sully, son père, manquant aux promesses qu'il avoit si souvent faites, non-seulement ne se met pas en devoir de venir, mais, chose honteuse à lui, détourne ceux qu'il peut, de venir assister son beau-père et secourir son beau-frère, et une place qui, si elle eût été dé-

1622. livrée, donnoit une grande liberté et de puissants moyens à la Guyenne de se conserver et de se remettre en bon état, tellement qu'il fut cause qu'il ne vint personne de Montauban. Monsieur d'Eymet seulement mena quelque quarante hommes armés de Saint-Antonin; et messieurs de Bourzolles et de Savignac, du Pvoucrgue, quittèrent le Comte d'Orval et amenèrent quelque quatre-vingts hommes de cheval et soixante hommes de pied, et vinrent joindre monsieur de la Force auprès de Biron quelque quatre ou cinq jours après l'entreprise manquée sur Bergerac.

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