‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 172 sur 233 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

SOMMAIRE

Violent déplaisir de M. de la Force. — Tristes effets de la défection du Comte d'Orval. — Réunion des troupes à Clairac. — Résolution du secours deTonneins. — Le Marquis de la Force dresse l'ordre pour l'attaque. — Lusignan , qui vouloit trahir, refuse de commander la réserve. — Ses pratiques avec le Conseiller Duduc. — Arquebusade tirée à bout portant contre le Marquis de la Force par un soldat de Théobon. — Lenteurs perfides de Lusignan. — Les troupes n'arrivent qu'au point du jour en présence des Royaux. — Pecharnaud s'amuse à poursuivre les fuyards et à piller un quartier.— Le Marquis de la Force, avec une poignée de monde, donne jusqu'aux bastions de Tonneins-Dessous. — Gentilshommes tués et blessés des deux côtés. — M. de Lusignan recule. — M. de Bourzolles s'arrête. — L'infanterie hésite. — Lusignan en se retirant, coupe en deux la cavalerie de M. de la Force. — Désordre et confusion. — Les ennemis se rassurent. — Lusignan crie : Sauve qui peut! — Les troupes se débandent. — La Force et Castelnaut essayent de couvrir la retraite. — Sortie des assiégés. — Ils s'emparent des tranchées et des canons. — Cette diversion favorise la retraite de M. de la Force. — Perte de ses meilleurs capitaines. — Considération sur cette journée , dont la trahison a empêché le succès. — Blessure de Montpouillan. — Détresse des assiégés. — La famine les oblige à capituler. — Conditions honorables qu'ils obtiennent. — Blessés et femmes massacrés par les Royaux. — M. de la Force va au-devant de M. de Montpouillan. — Lusignan fait fermer les portes de Clairac aux soldats de Tonneins. — Montpouillan refuse, quoique très-malade, d'entrer dans la ville si l'on n'y reçoit ses gens. — Le Duc d'Elbœuf fait brûlerTonneins malgré ses promesses. — Défaite de M. de Soubise aux Sables d'OIonne. M. de la Force se retire à Sainte-Foi. — M. de Castelnaut à Mon-

flanquin. — Le Prince de Condé attaque les dehors de Sainte-Foi. — Vigoureuse défense de M. de la Force. — Mort du Marquis de Montpouillan. —Son éloge. — Mort du Vicomte de Castets.

1622 Monsieur de la Force ressentit un extrême dé-

plaisir de voir ses espérances déçues, et de se trouver si éloigné et si hors de moyens de pouvoir exécuter ce dont il s'étoit flatté , car déjà le bruit de la venue du Comte d'Orval étoit si grand qu'on avoit quelque opinion que cela pourroit obliger messieurs d'Elbœuf et de Thémines à lever le siège de Tonneins ; et sans doute force gens encore de ceux qui n'avoient point pris les armes et qui n'avoient bouçé de chez eux , se fussent venus joindre à monsieur de la Force, espérant en une si belle occasion de relever non-seulement les affaires de ceux de la Religion , mais de se couvrir par ce moyen et s'excuser du blâme d'être demeurés oisifs chez eux sans donner de l'assistance à leurs frères , ainsi que leur devoir et leur conscience les y obligeoient.

Voilà donc le mal cl désavantage qui résulta de ce que le Comte d'Orval n'étoit pas venu, c'est que plusieurs qui n'avoient pas encore voulu se déclarer, a t tenuoient celte occasion et se disposoien i

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