CHAPITRE XI
SOMMAIRE
Violent déplaisir de M. de la Force. — Tristes effets de la défection du Comte d'Orval. — Réunion des troupes à Clairac. — Résolution du secours deTonneins. — Le Marquis de la Force dresse l'ordre pour l'attaque. — Lusignan , qui vouloit trahir, refuse de commander la réserve. — Ses pratiques avec le Conseiller Duduc. — Arquebusade tirée à bout portant contre le Marquis de la Force par un soldat de Théobon. — Lenteurs perfides de Lusignan. — Les troupes n'arrivent qu'au point du jour en présence des Royaux. — Pecharnaud s'amuse à poursuivre les fuyards et à piller un quartier.— Le Marquis de la Force, avec une poignée de monde, donne jusqu'aux bastions de Tonneins-Dessous. — Gentilshommes tués et blessés des deux côtés. — M. de Lusignan recule. — M. de Bourzolles s'arrête. — L'infanterie hésite. — Lusignan en se retirant, coupe en deux la cavalerie de M. de la Force. — Désordre et confusion. — Les ennemis se rassurent. — Lusignan crie : Sauve qui peut! — Les troupes se débandent. — La Force et Castelnaut essayent de couvrir la retraite. — Sortie des assiégés. — Ils s'emparent des tranchées et des canons. — Cette diversion favorise la retraite de M. de la Force. — Perte de ses meilleurs capitaines. — Considération sur cette journée , dont la trahison a empêché le succès. — Blessure de Montpouillan. — Détresse des assiégés. — La famine les oblige à capituler. — Conditions honorables qu'ils obtiennent. — Blessés et femmes massacrés par les Royaux. — M. de la Force va au-devant de M. de Montpouillan. — Lusignan fait fermer les portes de Clairac aux soldats de Tonneins. — Montpouillan refuse, quoique très-malade, d'entrer dans la ville si l'on n'y reçoit ses gens. — Le Duc d'Elbœuf fait brûlerTonneins malgré ses promesses. — Défaite de M. de Soubise aux Sables d'OIonne. M. de la Force se retire à Sainte-Foi. — M. de Castelnaut à Mon-
flanquin. — Le Prince de Condé attaque les dehors de Sainte-Foi. — Vigoureuse défense de M. de la Force. — Mort du Marquis de Montpouillan. —Son éloge. — Mort du Vicomte de Castets.
1622 Monsieur de la Force ressentit un extrême dé-
plaisir de voir ses espérances déçues, et de se trouver si éloigné et si hors de moyens de pouvoir exécuter ce dont il s'étoit flatté , car déjà le bruit de la venue du Comte d'Orval étoit si grand qu'on avoit quelque opinion que cela pourroit obliger messieurs d'Elbœuf et de Thémines à lever le siège de Tonneins ; et sans doute force gens encore de ceux qui n'avoient point pris les armes et qui n'avoient bouçé de chez eux , se fussent venus joindre à monsieur de la Force, espérant en une si belle occasion de relever non-seulement les affaires de ceux de la Religion , mais de se couvrir par ce moyen et s'excuser du blâme d'être demeurés oisifs chez eux sans donner de l'assistance à leurs frères , ainsi que leur devoir et leur conscience les y obligeoient.
Voilà donc le mal cl désavantage qui résulta de ce que le Comte d'Orval n'étoit pas venu, c'est que plusieurs qui n'avoient pas encore voulu se déclarer, a t tenuoient celte occasion et se disposoien i