‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 173 sur 233 · CHAPITRE XT. Û · texte numérisé non relu

CHAPITRE XT. Û

à marcher, lesquels apprenant qu'il ne venoit pas, 1622se refroidirent, mais encore plusieurs autres qui s'étoient trouvés en diverses occasions, ne voyant pas ce secours tant attendu et duquel on faisoit tant d'état, voyant d'un autre côté monsieur de la Force si foible, ne se mirent pas en devoir de le venir assister, quelque sollicitation qui leur en fût faite; car pour si peu de gens que le Comte d'Orval eût menés, le bruit de sa venue eût fait force effet tant 'parmi ceux de la Religion que sur les autres.

Nonobstant tous ces désavantages, monsieur de Avrilla Force reprend sa route vers Monflauquin, mande de tous côtés à tout ce qu'il peut, de le venir trouver ; de là il s'achemine vers Clairac, et dès le lendemain que ses troupes furent arrivées aux environs, lesquelles pouvoient être au nombre de six cents chevaux que bon que mauvais, et de quatre cents hommes de pied, pour ne pas donner temps aux ennemis de les reconnoître et en apprendre la force, il convoque tous les principaux chefs et tient conseil de ce qu'on avoit à faire.

Cependant monsieur de Castelnaut avoit son quartier assez proche de Tonneins, et les ennemis étoient venus la nuit pour l'enlever, mais comme il se tenoit sur ses gardes et qu'il avoit quelque infanterie, voyant bien qu'ils n'y réussiroient pas,

1622. ils se contentèrent de le harceler, et là il y eut une perpétuelle escarmouche durant toute la nuit.

Étant donc rassemblés en conseil, parmi la diversité d'avis et de propositions qui y furent faites, enfin il fut résolu que la nuit prochaine avec tout ce qu'on pourroit réunir de gens tant de pied que de cheval, on iroit attaquer les ennemis, et qu'en quelque état qu'on les trouveroit, on les chargeroit ; on convint aussi qu'on donneroit avis à ceux de Tonneins de se tenir prêts à faire une sortie en* même temps qu'on attaqueroit, jugeant que c'étoit là le dernier remède pour pouvoir secourir les assiégés qui pàtissoient beaucoup, surtout manque de vivres; et que la chose étant bien et heureusement conduite, il en fallait espérer beaucoup d'effet et en avoir une bonne issue.

11 vous a été dit comme toutes les nuits on avoit accoutumé d'envoyer un petit bateau chargé de farine à ceux de Tonneins, ce qui enfin avoit été découvert par un homme de INI. de Théobon, tellement que les assiégeants y avoieut mis un corps de garde pour s'y opposer, et même ne sétoient pu empêcher de le dire aux assiégés.

Monsieur le Marquis de la Force avoit déjà dressé L'ordre pour l'attaque, monsieur de la Force ayant bien prévu qu'il en faiulioil venir la pour

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