CHAPITRE XI
secourir ceux de Tonneins ; cet ordre étant pro- 1622. posé, monsieur de Lusignan seul y contraria, se piquant de bravoure, et croyant que la place qui lui étoit ordonnée, n'étoit pas assez avantageuse et honorable pour lui, d'autant qu'il étoit mis pour le poste de réserve comme étant un des bons, et pour de là assister les lieux qu'il jugeroit en avoir besoin, charge qui néanmoins est d'ordinaire donnée aux plus capables et judicieux, parce que de leur prudence et bonne conduite dépend fort souvent le bien ou le mal qui arrive en telles occasions.
L'ordre fut donc tel, savoir que monsieur le Marquis de la Force, vu le changement qui se fit, prit la place qui avoit été ordonnée pour monsieur de Castelnaut, c'est-à-dire, la première troupe qui devoit donner à l'aile droite, et monsieur de Lusignan prit celle de monsieur le Marquis qui la devoit soutenir; à l'aile gauche, monsieur de Bourzolles qui étoit soutenu de plusieurs petites troupes qu'on avoit mises ensemble; monsieur de la Fdfëe faisant encore un autre corps de cavalerie séparé, et messieurs de Castelnaut et d'Eymet joints ensemble, destinés pour la troupe de réserve; entre les corps de cavalerie, il y avoit cent hommes de pied entre deux, où les sieurs d'Auripech et Richomme cciniv. 28
im- mandoient chacun cent hommes à l'aile droite, et à l'aile gauche, les sieurs de Solmignac et Biau de même chacun autant. Outre cela, soixante hommes de pied de monsieur de Bourzolles, et le sieur de Pecharnaud avec quarante hommes de cheval hien armés, la plupart des lieux de Tonneins ou des environs, marchoient en tête de tout le reste avec ordre de ne s'arrêter pour quoi que ce fut, ni de se détourner s'ils n'y étoient contraints, quoi qu'ils rencontrassent, mais d'aller droit au logis de messieurs d'Elhœuf et de Thémines; et tant les gens de cheval que les gens de pied dévoient porter une chemise sur leurs armes pour s'entre-connoître la nuit, avec ordre aussi de charger tout ce qu'ils rencontreroient, forts ou foibles.
Avant de passer outre, il est encore nécessaire de reprendre les choses de plus loin pour faire voir le sujet et les raisons pourquoi cette entreprise échoua : il a déjà été dit que monsieur Duduc étant prisonnier à Chirac, avoit si bien travaillé auprès de messieurs de Lusignan et deThéobon qu'il les avoit engagés, moyennant qu'il leur promettoit de faire leur paix, à bien servir le Roi, ce qui n'étoit encore connu de personne; si bien que venant à apprendre la résolution qui avoit été prise d'aller attaquer les 1 1 menus, monsieur Duduc dit à monsieur de Lusi-