‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 176 sur 233 · CHAPITRE XI. Û · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. Û

le dessein étoit de prendre les ennemis par derrière 1622« et du côté d'un grand bois nommé la Gautarenque, et à l'extrémité de Tonneins-Dessous, voici donc que les guides et ceux qui marchoient les premiers, entre autres la troupe de monsieur de Lusignan, firent tant les longs que pour faire une lieue et demie de chemin, ils y employèrent toute la nuit, tellement que non- seulement le Marquis de la Force mais même monsieur de la Force ne pouvant supporter ce retardement, s'avancèrent à la tête des troupes pour voir à quoi il tenoit qu'on ne marchât, et qu'est-ce qui pouvoit causer de si extraordinaires haltes qu'on faisoit à chaque pas, et pour les faire diligenter; mais comme ces choses se pratiquoient à dessein par ceux qui désiroient de nuire et d'empêcher que cette entreprise ne réussît, quelque soin que ces deux messieurs y prirent, il leur fut impossible de les faire avancer davantage.

Ceux de dedans qui avoient été avertis parPapus, s'étoient tenus prêts toute la nuit, mais voyant que le jour commençoit à poindre , et qu'ils n'apercevoient rien, ils se retirèrent croyant l'heure passée , et que méshuy il ne se falloit plus attendre à ce que monsieur de la Force entreprit quelque chose sur les ennemis.

i6w. Mais sur ce temps-là, nos premières troupes arrivèrent et abordèrent une troupe des assiégeants qui étoit en garde, laquelle sans résistance ni combatlre, se met en fuite et prend le chemin de Marmande ; le sieur de Pecharnaud les poursuivit contre ce qui lui avoit été ordonné, ce qui fut le premier manquement ; et passant dans un quartier , partie des gens qui étoient avec lui, s'amusèrent au pillage , et la troupe de monsieur le Marquis de la Force qui venoit après, passant aussi dans le même quartier, quoiqu'il ne s'y amusât pas, ses gens n'en firent pastie même, lesquels plus désireux du butin et du pillage que de l'honneur, abandonnèrent leur chef, s'amusèrent à prendre des chevaux et autre bagage qui s'y trouva, et ainsi laissèrent aller monsieur le Marquis de la Force presque tout seul. Il donna jusques sur les bastions de la ville1 faciles à gravir à cheval à cause de leur démolition, il y trouva de la résistance, et son lieutenant, le sieur de Saint-Maurice, fut blessé d'un coup de pistolet au bras , messieurs de Campagnac et de Grand- Castaing de Longua y furent tués ; le sieur de Belsunce vengea la mort du premier, et le fds aîné

1 11 est question de la ville de Tonneins -Dessous, occupée par MM. (1 l.lbœufet de Thémines, et distincte de Tonneins-Dcssus qu'ils assiégeoient.

Page 1