‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 180 sur 233 · CHAPITRE XI. Uh · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. Uh

Mais voici qu'en même temps ceux de Tonneins ,6M« qui s'étoient retirés, ayant ouï le bruit de notre venue, se remettent en ordre le plus promptement qu'ils peuvent, et font leur sortie si heureusement que, sans trouver aucune résistance, ils tuent et font noyer beaucoup de gens qui pour se sauver se jetoient volontairement dans la rivière ; ils vont partout renversant tranchées et barricades, emportant la poudre et plusieurs vivres, et mènent dans Tonneins quatre ou cinq pièces d'artillerie. Ce grand échec qu'ils firent, nous fut très-avantageux, car les ennemis s'étant vus attaquer par devant et par derrière, en prirent une si grande épouvante que cela les arrêta entièrement de poursuivre monsieur de la Force, n'y ayant eu que quelques troupes de gens de cheval qui eussent poussé jusqu'aubois de la Gautarenque.

Monsieur de Castelnaut retournant donc pour faire la retraite, qui ne fut pas peu utile à la conservation de force gens , rencontra messieurs de Belsunce et de Savignac, du Rouergue, qui avoient été enveloppés par la compagnie de monsieur d'Angoulême. A l'abord, le maréchal des logis y fut tué, et quatre ou cinq avec lui ; et quoiqu'ils fussent bien une quarantaine, ils se retirèrent avec une telle diligence qu'il fut impossible de les rejoindre; et

1822. cette petite charge redonna la vie a nombre de gens de pied en leur laissant le loisir de se retirer, car autrement ils eussent été attrapés.

En ce combat ou malheureuse retraite , il se perdit force braves hommes, entre autres parmi les gens de pied, les capitaines Auripech, Solmignac et Richomme, Grateloup et Boudou ; les uns disputèrent leur vie honorablement , et les autres furent tués d'abord ; quelques-uns furent pris prisonniers, mais fort peu.

Le bois de la Gautarenque passé, monsieur de la Force avec ce qu'il avoit pu retenir de gens (car monsieur de Lusignan ne s'arrêta pas qu'il ne fut à Clairac, et plusieurs autres avec lui), monta sur un petit tertre de vignes pour se faire voir à ceux deTonneins, afin de leur ôter l'opinion qu'ils pourroient avoir, que tout avoit péri : eux cependant à cause de l'avantage qu'ils venoient de remporter sur les ennemis, et n'ayant pu savoir ce qui nous étoil arrivé, trouvèrent fort étrange de ne plus nous voir ni nous entendre lors de leur sortie, mais ce fut sans appréhension du malheur que nous avions éprouvé. Quant à nous, il ne nous restoit qu'un très- grand mal de cœur d'avoir si piteusement fait, avec le regret de la perte de tant de bravos gSQ§<

Mais lorsqu'avec le temps, nous eûmes une plus

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