CHAPITRE XII
le supplier de vouloir lui donner une retraite où «œ. il pût être en quelque sécurité, en attendant de voir ce que deviendroient toutes choses, et en lui faisant connoître que quoiqu'il eût un garde de monsieur le Prince, qu'avec cela il étoit nécessaire qu'il prît garde à lui. Monsieur de Castelnaut lui donna un bon logement auprès de Monflanquin en un lieu assez fort pour ne pouvoir être forcé en se défendant, et même avec promesse de le secourir ou de le retirer au cas qu'il y fût contraint.
Il demeura deux jours en ce lieu pendant que le traité de paix que monsieur de la Force faisoit, fut parachevé, et monsieur le Prince n'ayant rien fait pour lui, il fut obligé par son ordre de mettre les armes bas et de se retirer, ce qu'il fit, et envoya prendre congé de monsieur de Castelnaut, lequel reçut le même jour ordre de monsieur de la Force, lui donnant connoissance du traité qu'il avoit fait pour toute la province, et lui mandant d'avoir à recevoir dans Monflanquin le régiment de Pompadour que le Roi y envoyoit.
Je dirai encore ceci, que pendant tous ces traités d'accommodement, que monsieur de Montferrand envoyant vers. monsieur de Castelnaut, l'avertit de tout ce qui se passoit et que la paix étoit infaillible, lui promettant que dans le cas où il lui vou-
i6M. droit remettre Monflanquin, il lui donneroit la somme de trente mille livres et lui en bailleroit comptant la plus grande partie. Monsieur de Castelnaut ne voulut jamais y condescendre, croyant qu'il y alloit et de son honneur et de sa conscience ; qu'en outre il ne devoit pas exposer ceux de Monflanquin qui après cela ne pourroient s'attendre qu'à être maltraités, et sur lesquels on sauroit bien se rembourser de l'argent qu'on auroit donné.
Monsieur de Castelnaut congédie donc sa pjarnison, y reçoit le régiment de Pompadour et fait leur traité avec ceux de la ville.
Mais voici qui est mémorable, c'est que le propre jour que le Roi entre dans Sainte-Foi, monsieur de la Force y tombe malade et se trouve contraint le lendemain de se retirer à Cugnac, où il mande à monsieur de Castelnaut de se rendre, pour de là se conduire à Castelnaut où étoit madame de la Force.
Cependant le Roi ayant donné ordre du côté de Sainte-Foi, s'achemine vers Clairac où il ne trouva que toute obéissance à cause du traité que monsieur DudiiC; Conseiller, avoit fait avec monsieur de Lusignan ; et après avoir aussi pourvu en ces Lieux-là, il s'achemine du côté du Languedoc, et comme il avoil traité avec monsieur do la Force,