‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 195 sur 233 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

le Prince avoit l'intention de faire, néanmoins il 163»s'obstinoit toujours à vouloir que monsieur de la Force donnât la satisfaction qu'il avoit fait espérer à monsieur de Théobon, et la cause de cela, c'est que lors du traité de Sainte-Foi monsieur le Prince avoit donné beaucoup d'espérances à monsieur de Théobon, en lui faisant abandonner le parti de ceux de la Religion, et cependant n'a voit rien fait pour lui, il croyoit donc se dégager de sa parole et satisfaire monsieur de Théobon; mais finalement ces messieurs lui représentèrent si bien les motifs que monsieur de la Force avoit pour n'y point consentir, qu'il prenoit cela au point de l'honneur et comme choquant absolument sa réputation, enfin qu'il seroit imposssible à monsieur le Prince de l'y obliger, qu'ils parvinrent à lui faire changer sa résolution, mais encore fallut-il pour cela qu'ils lui rapportassent ce qu'ils avoient appris de monsieur Duduc sur ce sujet, et même pour le contenter, qu'ils le fissent venir lui reconfirmer tout ce qu'il leur avoit dit.

Cette conférence dura bien deux heures ; ensuite monsieur le Prince vint trouver monsieur de la Force pour s'excuser de ce qu'il avoit cru devoir le condamner à faire part à monsieur de Théobon de la récompense que le Roi lui avoit faite, disant qu'il

1639. avoit cru cela juste et raisonnable, mais qu'après avoir ouï les raisons que ces messieurs lui avoient rapportées, et appris ce qui s'étoit passé, il se déparloit de ce qu'il avoit eu intention de faire en faveur de monsieur de Théobon, mais qu'il le prioit de ne point trouver mauvais s'il s'employoit auprès du Roi pour tâcher de faire quelque chose pour lui.

Monsieur le Duc de la Force lui répondit que tant s'en falloit qu'il le trouvât mauvais, que s'il pouvoit servir monsieur de Théobon, et dans cette occasion et dans toute autre, il le feroit d'aussi bon cœur que si c'éloit pour un de ses enfants. Après cela, monsieur le Prince fit venir M. de Théobon; et après leur avoir déclaré ses sentiments et fait voir que monsieur de Théobon étoit mal fondé en ses prétentions, il lui promit ensuite de s'employer auprès du Pioi pour obtenir qu'il en pût retirer quelque gratification, l'assurant aussi des bonnes volontés que monsieur le Duc de la Force avoit témoigné d'avoir pour lui, puis il leur commanda de s'embrasser, de vivre en bons amis et d'oublier tout le passé; ce que monsieur le Duc de la Foin fit de la meilleure grâce du monde, protestant ;i monsieur de Théobon qu'il l'avoit toujours chéri et aimé comme un de ses enfants, et qu'il étoit en-

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