‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 196 sur 233 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

core dans la même volonté, le priant aussi de vou- 1639. loir vivre avec lui, comme il avoit fait par le passé, et qu'en toutes occasions où il lui pourroit rendre service, qu'il s'y emploierai t avec toute sorte d'affections, et il l'embrassa. Mais monsieur de Théobon n'en fit pas de même, se tenant, comme on dit, sur le quant à moi , et il ne répondit pas un seul mot à toutes les civilités et paroles obligeantes que monsieur de la Force lui avoit adressées. Pour monsieur de Castelnaut, il alla l'embrasser bras dessus bras dessous.

Après cela, ils demeurèrent encore un fort long temps sans se voir; enfin il se rencontra une occasion où monsieur de Castelnaut les fit se trouver ensemble; il s'étoit auparavant entremis pour ce sujet, et entendu avec monsieur de Théobon ou avec ceux qui se mêloient pour lui de cette entrevue; mais monsieur de Théobon de mauvaise grâce et d'une façon assez désobligeante, ne voulut pas se prêter à ce qui avoit été arrêté, et monsieur de Castelnaut qui avoit fait au-delà de tout ce qu'on eût pu désirer de lui, se tenant piqué du mauvais procédé de monsieur de Théobon, dit à ces messieurs, qui par son ordre a voient négocié les moyens de cette entrevue, qu'après n'avoir que trop témoigné le désir qu'ils avoient de se remettre bien ensemble

avec monsieur de Thëobon et de rechercher son amitié, que lui et sa famille lui donneroient le loisir d'en faire autant pour rechercher la leur.

Mais quelque temps après, le Marquis de Théobon ayant eu querelle avec monsieur de Fermy, un ami de monsieur de Théobon employa monsieur de Castelnaut qui étoit alors chez lui, le conjurant de se vouloir' entremettre de leur accommodement, ne voyant pas qu'il y eût d'autre personne que lui qui y pût réussir; et bien que monsieur de Castelnaut trouvât un peu étrange ce choix qu'on faisoit de lui, d'autant plus que les personnes qui l'employoient, savoient bien qu'ils ne se voyoient point, et même que monsieur de Castelnaut n'était pas satisfait de monsieur de Théobon , néanmoins il ne laissa pas de monter à cheval, de les aller trouver, et de leur demander leur parole, ce que messieurs de Théobon père et fils firent de fort bonne grâce, et même ensuite ils le firent prier de vouloir bien que ce fût monsieur le Duc de la Force qui se charpvàtde leur accommodement, en lui donnant à eonnoitre que ce seroit un moyen de les faire se voir et se réconcilier ensemble; monsieur de Castelnaut y consentit volontiers et les conduisit à I.» Force '.

1 Cette réconciliation fut cimentée en 1671 parle mariage de Charles

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